Oui! tout entier: espoirs heureux, légers caprices,
Coupables passions, spleenétique rancoeur,
J'ai tout dit à ces vers, tendres et sûrs complices.
Qu'ils témoignent pour moi, Fantôme, et pour ce coeur!

Que leur sincérité, Juge d'en haut, te touche,
Et, comme aux temps lointains des rêves nimbés d'or,
Pardonne, en écoutant s'échapper de leur bouche,
Ce cri d'un coeur resté chrétien: Confiteor!

ABEL HERMANT

L'ÉTOILE

Je suis le Chaldéen par l'Étoile conduit
Vers un but inconnu que moi-même j'ignore.
Quelle main alluma cet astre dans ma nuit?
Quel spectacle à mes yeux révélera l'Aurore?

N'importe.—Dans la nuit je vais. La nudité
Du jour blessait mes yeux. L'ombre chaste est un voile.
Ce flambeau, qu'il m'égare ou me guide, est clarté:
L'Astre, même trompeur, est toujours une étoile.

Trouverai-je en sa crèche, ainsi que dans un nid,
Un enfant? Me mettrai-je à genoux? Que m'importe!
J'ai recueilli la myrrhe et le baume bénit:
Je respire en marchant les parfums que je porte.

NOTES.

The full-face figures refer to the pages; the ordinary figures to the lines.

N.B. For the poets before MALHERBE the spelling has not been modernized. Some uniformity however has been sought, and accents are used when they affect final vowels.