For reference: Th. de Banville, Petit traité de poésie française, 1872; F. de Gramont, les Vers français et leur prosodie, 1875; Becq de Fouquières, Traité général de versification française, 1879; A. Tobler,
Vom französischen Versbau alter und neuer Zeit, Berlin, 1880, 3d edition, 1894,French translation with excellent preface by Gaston Paris, 1885; Clair Tisseur, Modestes observations sur l'art de versifier, Lyon, 1893; A. Bibesco, la Question du vers français et la tentative des poètes décadents, 1893, 2d edition, with preface by Sully Prudhomme, 1896.
CHARLES D'ORLÉANS
BALLADE
Nouvelles ont couru en France,
Par maints lieux, que j'estoye mort
Dont avoient peu de desplaisance
Aucuns qui me hayent à tort;
Autres en ont eu desconfort,
Qui m'ayment de loyal vouloir,
Comme mes bons et vrais amis;
Si fais à toutes gens savoir
Qu'encore est vive la souris.
Je n'ay eu ne mal ne grevance,
Dieu mercy, mais suis sain et fort,
Et passe temps en esperance
Que paix, qui trop longuement dort,
S'esveillera, et par accort
A tous fera liesse avoir ;
Pour ce, de Dieu soyent maudis
Ceux qui sont dolens de veoir
Qu'encore est vive la souris.
Jeunesse sur moy a puissance,
Mais Vieillesse fait son effort
De m'avoir en sa gouvernance;
A present faillira son sort,
Je suis assez loing de son port.
De pleurer vueil garder mon hoir;
Loué soit Dieu de Paradis,
Qui m'a donné force et povoir,
Qu'encore est vive la souris.
Nul ne porte pour moy le noir.
On vent meilleur marchié drap gris;
Or tiengne chascun, pour tout voir,
Qu'encore est vive la souris.
RONDEL
Laissez-moy penser à mon aise,
Hélas! donnez-m'en le loysir.
Je devise avecques Plaisir
Combien que ma bouche se taise.