Le loup de ton sentier s'écarte.
Que ta meute à sa suite parte!
Cours! Fais-le choir!
Chasse le brigand Bonaparte,
O chasseur noir!
Les feuilles des bois, du vent remuées,
Tombent … on dirait
Que le sabbat sombre aux rauques huées
A fui la forêt;
Le clair chant du coq perce les nuées;
Ciel! L'aube apparaît!
Tout reprend sa force première.
Tu redeviens la France altiére
Si belle à voir,
L'ange blanc vêtu de lumière,
O chasseur noir!
Les feuilles des bois, du vent remuées,
Tombent … on dirait
Que le sabbat sombre aux rauques huées
A fui la forêt!
Le clair chant du coq perce les nuées;
Ciel! L'aube apparaît!
LUX
Temps futurs! vision sublime!
Les peuples sont hors de l'abîme.
Le désert morne est traversé.
Après les sables, la pelouse;
Et la terre est comme une épouse,
Et l'homme est comme un fiancé!
Oh! voyez! la nuit se dissipe.
Sur le monde qui s'émancipe,
Oubliant Césars et Capets,
Et sur les nations nubiles,
S'ouvrent dans l'azur, immobiles,
Les vastes ailes de la paix!
O libre France enfin surgie
O robe blanche après l'orgie!
O triomphe après les douleurs!
Le travail bruit dans les forges,
Le ciel rit, et les rouges-gorges
Chantent dans l'aubépine en fleurs!
Les rancunes sont effacées;
Tous les coeurs, toutes les pensées,
Qu'animé le même dessin
Ne font plus qu'un faisceau superbe
Dieu prend pour lier cette gerbe
La vieille corde du tocsin.
Au fond des cieux un point scintille.
Regardez, il grandit, il brille,
Il approche, énorme et vermeil.
O République universelle,
Tu n'es encor que l'étincelle,
Demain tu seras le soleil.