The strangest misapprehensions seem indeed to prevail generally as to this question; one of the strangest is, that the only parties interested are the authors and the booksellers, and that if the Bill be thrown out, the former will suffer, that the latter may be enriched by the fruit of their labours. The third party, whose interests are not the least among those concerned—the public—is generally quite lost sight of. Thus it has been said, in reference to the often-quoted case of Wordsworth, that the question is, whether the heirs of the poet shall enjoy the profit of his works, or the heirs of Mr. Tegg (the bookseller who is so active in opposition to the Bill). But it is no such thing. Under the present law, at Mr. Wordsworth’s death, and the consequent expiration of the Copyright in his works, they would become the property, not of this or of that man’s heirs, but of “all England,” of the public at large. If Mr. Tegg, or his heirs, reap any profit, it will only be by the exercise of their callings, and Mr. Wordsworth’s heirs will have just the same privilege. The notion that the title of the cause now pending is only “Author v. Bookseller,” has been worked upon to such an extent, that it would almost seem that the advocates of the Bill see the importance of mystifying the public on the subject, and preventing the names of the real defendants from being seen.

II.
CHAPTER FROM M. RENOUARD’S “TRAITÉ DES DROITS D’AUTEURS.”

La garantie d’un droit exclusif de copie sur la reproduction de l’ouvrage est le meilleur mode de salaire de la société envers l’auteur.

Long-temps on a cru que les écrivains et les artistes devaient être payés par des pensions et des faveurs. C’étaient en quelque façon l’Etat et les princes qui acquittaient ainsi la dette du public, et en même temps que l’on ne se faisait nul scrupule d’accepter ces faveurs, on était facilement disposé à rougir du paiement à tirer du public par la vente de son droit de copie sur ses propres ouvrages (1). Une partie des idées a bien changé. Aucun préjugé défavorable ne s’attache à flétrir la vente qu’un auteur fait de ses œuvres. Tout au contraire, une réaction s’est opérée. L’industrie s’est mêlée à la littérature, et a trop souvent pris sa place. Les pensions et les faveurs n’ont pas cessé; mais elles ont été reléguées à un rang accessoire et secondaire. Les littérateurs n’ont plus comme autrefois une existence à part, qu’ils tiennent des princes et des grands, dont la libéralité leur faisait de paisibles loisirs, et auxquels, en échange, ils donnaient des louanges et quelquefois de la gloire. Les lettres mènent à la fortune, jettent dans les affaires et les honneurs.

L’observateur moraliste aurait à dire sur cette revolution mêlée de biens et de maux. Dans l’ordre actuel, comme dans la vie littéraire ancienne, les passions grandes ou mesquines, les instincts généreux ou cupides, le calcul et le désintéressement ont leur action et leur rôle. Mais, somme toute, les idées sont mieux à leur place. Vivre du tribut volontaire que le public s’impose ne rabaisse aucune position, ne messied à aucun génie.

D’insurmontables difficultés s’élèvent contre tout mode de paiement, qui procéderait par voie de pensions, de traitement fixe, ou même, sauf quelques exceptions très rares, par prix d’achat, une fois payé, achat qui prendrait la forme d’expropriation pour cause d’utilité publique, si l’auteur n’était pas laissé maître de s’y refuser. Avec de telles formes de salaire, la justice distributive serait impossible; et il n’est pas de trésor qui pût suffire aux insatiables prétentions, aux faveurs capricieuses, aux concussions faciles auxquelles on ouvrirait une large porte. Qui donc si, par exemple, on adoptait le procédé d’expropriation pour cause d’utilité publique, déclarerait cette utilité et apprécierait les travaux? qui calmerait les rivalités? qui ferait justice de la médiocrité? qui inventerait des récompenses dignes du génie, sans soulever l’envie? qui irait au devant du mérite fier ou modeste? Attribueriez-vous au gouvernement l’estimation des ouvrages à acheter dans l’intérêt public? et ne voyez-vous pas à quels périlleux soupçons, à quelles intrigues subalternes, à quelles corruptions habiles, à quels profits honteux vous exposez l’administration, sans parler de toutes les erreurs auxquelles elle ne saurait échapper? Ferez-vous évaluer les ouvrages des écrivains par leurs pairs; et, si désintéressée, si modeste, si impartiale que soit toute la littérature, oserez-vous ne vous en rapporter qu’à elle seule dans sa propre cause? Trouverez-vous dans des magistrats, dans des jurés, les habitudes d’esprit et la spécialité de lumières indispensables pour une si hasardeuse décision? Pour moi, je n’aperçois de toutes parts qu’inconvéniens, qu’impossibilité. Il n’est qu’un seule juste appréciateur du salaire dû aux écrivains et aux artistes: le public. Il n’est qu’une seule appréciation juste: celle que le public, sans la formuler, mesure sur l’utilité et le plaisir qu’il tire d’un ouvrage. Un seul mode de paiement me paraît juste et possible: c’est celui qui attribue à l’auteur, sur chaque édition ou sur chaque exemplaire de son ouvrage, un droit de copie.

Ce moyen est celui que l’expérience a fait reconnaître comme le plus simple; c’est aussi le plus équitable; car, en général l’évaluation la plus judicieusement approximative de l’utilité d’un livre consiste dans le succès qu’il obtient.

Il résulte de l’adoption de ce moyen que le salaire de l’auteur se trouve très subdivisé, et que le prix de chaque exemplaire s’augmente de la part qu’il supporte dans la valeur générale assignée à l’objet de la copie.

Sans doute, ce renchérissement est un inconvénient; car les livres à bon marché sont des propagateurs d’idées plus rapides, plus puissans, plus actifs que ceux dont le prix est élevé. Mais il n’y a pas de paiement pour les auteurs, si l’on n’a, par une voie quelconque, recours au public pour le fournir. Renchérir un livre, parce qu’il faut acquitter le droit de copie, c’est établir une sorte d’impôt. Or, un impôt, quoique offrant toujours en lui-même des inconvéniens pour le public, se légitime par sa destination, lorsqu’il rend, en dépenses générales, en sécurité individuelle, en garanties efficaces, plus que ce qu’il ôte à chaque contribuable. C’est acheter trop cher l’abaissement du prix d’un livre que de ne pas payer l’auteur, que de le sacrifier à ses travaux, que de le décourager et de le jeter dans l’avilissement par la misère. Le livre coûtera un peu plus, mais il verra le jour, mais on ne l’aura pas étouffé avant sa naissance; mais surtout on n’aura pas été injuste envers celui à qui on le doit. Dire que l’on aimerait mieux passer un pont, un canal, sans rien payer, que d’en rembourser les frais par un péage; que l’on aimerait à être gardé par une armée, sans payer les soldats; jugé par les tribunaux, sans payer de juges; instruit ou récréé par un auteur, sans payer son travail; par un libraire, sans payer les frais de vente; par un imprimeur, sans payer les frais de fabrication; par un laboureur, sans payer sa culture et son blé, ce serait la prétention étrange de tout prendre dans la société sans y rien mettre, et d’exploiter nos semblables, comme s’ils n’étaient pas égaux à nous; ce serait le renversement de toute idée sociale.