Elles le baisent toutes, cent fois, suavement, comme on mange le raisin à la grappe; et les unes pleurent; les autres sourient, telles de tendres folles.
C’est moi, l’amant! C’est moi le fiancé, que vous portez ainsi, mes belles. C’est moi, le soc de la terre et le coutre d’amour que vous allez ensevelir dans l’herbe.
Et celle qui eût été mon champ, mourra sans fleurs et sans épis.
Du moins, sauvez-moi de la mort froide et de l’oubli.
Prenez moi dans votre paradis de femmes, entre vos lèvres.
Une heure encore, tenez moi et me serrez dans votre doux giron qui sent la menthe fraîche, le miel, le romarin et la brûlante giroflée.
Gardez moi, je vous prie, dans la chambre des baisers. Je me suis séparé de mes autres armes: immortelles, elles n’ont pas besoin de moi.
Et puisqu’il faut un linceul, cousez moi dans vos cheveux avec vos larmes. Cousez moi, à longues aiguillées de pleurs, dans vos ardents cheveux.
V
Si nous ne sommes amour, que sommes nous? Toutes, ici, nous voici vouées, adieu semailles! au soleil qui s’en va chaque soir et aux cruelles pluies.