Amants, nos bien aimés, tel est donc l’amour pour qui nous sommes nées? Mères, pourquoi fîtes-vous ces filles malheureuses? Nos âmes bondissent en révolte. Et tous nos cœurs qui veulent sortir de nous!
Baisons nous, sœurs chéries, au nom de l’amour et de la mort: et du Seigneur qui aime, qui ouvre au ciel les sources, et les parcs d’amour, pour tous les Aimés, au paradis.
—O belles, ô douloureuses, chantent les jeunes filles, vous qui êtes séparées de votre chair et de vos baisers, venez.
—Et vous, petites filles, disent les jeunes femmes, ô délicieuses, divisées de vos désirs, privées de votre attente et des caresses, venez.
—Chers cœurs!
—Chères femmes!
. . . . . . . . . . . . .
Elles pleurent, et se baisent doucement aux lèvres, avec un sourire.
Puis elles se sont saluées, en chantant, sous le portique de la nuit, tandis que l’océan dévorait les derniers tisons et les œillets suprêmes du couchant.