“Bruxelles, 23 septembre 1844.

“(Signe) ✠ J. Archevêque de Damiette, Nonce Apostolique.

Dès que j’eus reçu le décret de 1844, que cette lettre accompagnait, je me hâtai de préparer une nouvelle édition de la Logique et de la Théodicée, en y introduisant les corrections que j’estimais nécessaires pour répondere aux désirs de la S. Congrégation de l’Index.

Ces corrections n’ont pas été suffisantes. C’est un point qui est aujourd’hui définitivement jugé. Mais jusqu’au moment où j’ai eu connaissance du decret du 21 septembre 1864, j’ai cru tres-sincérement qu’elles l’étaient. Je prie Votre Eminence de me permettre d’entrer ici dans quelques details.

Les faits que j’ai rappelés établissent comment j’ai été amenè à considerér le décret de 1844 commé étant le seul décret définitif rendu à mon égard. Quant à ce decret, il renferme, entre autres, les expressions suivantes: “Pauca quaedam loca in opere quod a cl. viro G. C. Ubaghs anno 1844 Lovanii editum est et inscribitur Theodiceae seu Theologiae naturalis elementa adnotanda esse videntur, ut doctissimus auctor, additis quibusdam illustrationibus, obortas circa eiusdem operis intelligentiam difficultates e medio tollere possit……—“In his omnibus mens doctissimi auctoris paulo clarius explicanda videtur, ne quis inde occasionem sumat vim elevandi argumentorum quae Dei existentiam demonstrant……—Plura alia eiusdem generis ibi obvia sunt quae contra mentem auctoris forte in alienos sensus torqueri possent”.—Ces termes me firent supposer que la S. Congrégation n’avait pas voulu me signaler des erreurs de doctrine à corriger, ni des principes faux à abandonner, mais qu’elle me demandait seulement des éclaircissements et des explications propres à faire mieux comprendre ma pensée. C’est là ce qui explique le langage que j’ai tenu dans la préface de ma Logique en 1844 et dans une lettre récente à Son Eminence le Cardinal Altieri, Préf. de la S. Congrégation de l’Index.

En 1845 je remis à Monseigneur Pecci, Nonce Apostolique, deux exemplaires de la nouvelle édition de la Logique et de la Théodicée, en priant Son Excellence de vouloir bien les faire parvenir à Rome, afin que la S. Congrégation pût juger si les additions et les changements introduits répondaient entièrement aux voeux exprimés par elle. A plusieurs reprises je reçus des assurances qui me persuadérent que j’avais fait ce qui m’était demandé. Les documents dont je veux parler n’ayant pas été approuvés par la S. Congrégation ni surtout par le Souverain-Pontife, ils n’ont de valeur que pour justifier ma bonne foi; aussi c’est à ce titre seul que je les invoque. Parmi ces documents qu’il me soit permis de transcrire ici la lettre que m’addressa, en 1846, le T. R. P. Degola, secrétaire de la Congrégation de l’Index. La voici:

Reverende Domine,

Quamquam scio id Tibi ab aliis iam nuntiatum, quod ego his

litteris dicturus sum, attamen ut postulationi tuae, nec non Em. Card. praefecti mandato morem geram, libenter significo, declarationes illas atque varietates, quas monente S. Congregatione in novissima tuorum operum Logicae ac Theodiceae editione fideliter abundanterque effecisti, voto ac sententiae eiusdem S. Congregationis prorsus respondisse. Quam ob rem docilitati tuae, prout par est, gratulor, et ut de sacris humanisque doctrinis, pro tuo excellenti ingenio et religioni, bene mereri pergas, plurimum opto. Vale.

Romae kal. Septembris 1846.