Or dés le commencement de ces descouuertes, les François ont beaucoup traicté du cultiuage, & habitation de ces deserts. (Deserts sont-ce voirement, tout le pays n'estant qu'vne forest infinie.) [5] Aucuns particuliers en sont encores venus iusques aux tentatiues, comme Roberual & le Marquis de la Roche, & autres. Mais l'entreprinse la plus haute diuulguée, & recente pour cest effect, a esté celle du sieur de Monts [42] Pierre du Gas, qui s'en est acquis grande recommandation. Iceluy ayant fait vn assez notable fonds d'argent; & à cest effect associé aucũs Marchands de Roüen, de sainct Malo, & de la Rochelle; receut de feu d'heureuse memoire Henry le Grand, pleine puissance, & authorité de Lieutenant de Roy sur ces dictes contrées dés le quarantiesme degré d'eleuation, iusques au quarantesixiesme: car là aboutissoit la puissance, qui luy estoit dõnée de disposer des terres; Ses priuileges neantmoins de la traitte, & gouuernement s'estendoiẽt iusques au 54. degré, ainsi qu'on [6] peut recognoistre par les lettres Royaux qui luy en furent expediées. Par ainsi de ceste Commission du sieur de Monts, il semble, qu'on aye prins occasion de retrecir les limites de la Nouuelle Frãce; Car (comme nous auons dit) auparauãt elle s'estendoit iusques à la Floride vers le Sud, là où maintenãt on la borne quasi communement du trenteneufuiesme degré de latitude Australe, ainsi que vous la voyez en nostre carte. Ses limites à l'Orient, sont nostre mer; à l'Occident ce sera la mer de la Chine, si nous auons assez de valeur & vertu: car autres bornes n'y a-il, qui soient certaines, le pays estant infiny, & plus estendu dix & douze fois que n'est toute nostre France.

Now ever since the first of these discoveries, the French have been talking about cultivating and inhabiting these wildernesses. (Wildernesses they certainly are, the whole country being but an interminable forest.) [5] Certain individuals, such as Roberval and the Marquis de la Roche, and others, have even attempted it.[9] But the most widely known and latest voyage undertaken for this purpose was that of sieur de Monts, Pierre du Gas, who has been very highly commended for it. Having considerable money at his disposal, and having associated with him for this object certain Merchants of Roüen, of saint Malo and of la Rochelle, he received from the late Henry the Great, of happy memory, full power and authority, as Lieutenant of the King in these said countries, from the fortieth to the forty-sixth parallel of latitude, for there ended the power given him to dispose of lands. However, his rights of trade and government extended to the 54th parallel, as [6] can be learned from the Royal letters that were sent to him. Thus, by sieur de Monts's Commission, it seems that they took occasion to narrow down the boundaries of New France: for (as we have said) hitherto it had extended as far South as Florida, while now it is generally bounded on the South by the thirty-ninth parallel of latitude, as you see by our chart. Its Eastern boundary is our sea; its Western, will be the China sea, if we have force and courage enough; as to other boundaries, it has none which are definite, the country being unlimited, and ten or twelve times more extensive than our entire France.

Or le sieur de Monts ayant l'authorité & puissance cy-deuant dicte, & assez bien muny, & accompagné [7] partit de France l'an 1604. iustement cent ans apres la premiere descouuerte de ces terres, il s'alla loger en la Coste de la Nõrembegue entre les peuples Eteminquoys, en vne petite Isle, qu'il appella de saincte Croix: Mais le malheur l'y accueillit: car il perdit de maladie vne grande partie de ses gens.

Now sieur de Monts, having the authority and power mentioned, and being well equipped and [7] accompanied, left France in the year 1604, just a hundred years after the discovery of this country, and went to live upon the Coast of Norembegue among the Eteminquoys people, upon a small Island, which he called sainte Croix. But misfortune overtook him there, for he lost a great many of his people by sickness.

[44] Et partant l'année suyuante, cõtrainct par la necessité, il changea de demeure à Port Royal vers l'Est Suest, à quelques vingt six lieües de là, en l'Acadie au païs des Souriquoys, là où il ne demeura que deux ans, d'autant que les Marchands associez, voyants que leur mise surmontoit la recepte ne voulurẽt plus tenir coup: Ainsi fallust, que tous reuinssent en Frãce, ne laissans pour monument de leur exploict, sinon deux alogements tous vuides, celuy de saincte [8] Croix, & celuy de Port Royal; Et n'en rapportant autre guieres plus grand fruict, que les Topographies, & descriptiõs des Mers, Caps, Costes, & Riuieres, qu'ils auoient parcouru. Voilà tous les principaux actes de nos diligẽces, iusques aux années 1610. & 1611. desquelles nous parlerons tantost, quãd il nous y faudra conduire les Iesuites. Mais au preallable, selon nostre promesse, & comme l'exige la condition de nostre dessein, nous monstrerons l'Horoscope, & Geniture de ces terres: Ie veux dire les aspects du ciel, sur icelles, leurs temps, saisons, temperature, & qualitez.

Leaving there the following year, forced by necessity, he changed his dwelling place to Port Royal, towards the East Southeast, some twenty-six leagues away, in Acadie or the Souriquoys country. Here he remained only two years, for the associated Merchants, seeing that their outlay exceeded their receipts, no longer cared to continue the experiment. So they all had to return to France, leaving nothing as a monument of their adventure, except two dwellings entirely empty, that of sainte [8] Croix, and that of Port Royal; and bringing no greater spoils back with them, than the Topography and description of the Seas, Capes, Coasts, and Rivers, which they had traversed. These are all the chief results of our efforts up to the years 1610 and 1611, of which we shall speak hereafter in conducting the Jesuits there. But as a preliminary, according to our promise, and as the nature of our purpose demands, we shall show the Horoscope and Geniture of these lands, I mean their climate, their weather, seasons, temperature, and conditions.


CHAPITRE II.

[9] DES TEMPS, SAISONS, & TEMPERATURE DE LA NOUUELLE FRANCE.

[46] CES terres estant, comme nous auons dit, paralleles à nostre France, c'est à dire, en mesme climat, & mesme eleuation, par reigle d'Astrologie, elles doiuent auoir mesmes influẽces, mesmes inclinations, & temperatures: car elles ne different en cela, que cõme differẽt entre nous par exẽple Grenoble, Vienne, & Bourdeaux, Paris & Cornoaille, Marseille, & Bayõne, sçauoir est, q̃ seulemẽt vn lieu est plus Oriẽtal, que l'autre; quant au reste, il a mesme grandeur de iours, mesme aspect des estoilles, mesmes saisons, & temperature. Vray est que la nouuelle France descend trois degrez [10] plus bas vers le midy, que ne faict la nostre, laquelle s'arreste à Fontarabie, c'est à dire, au 42. degré; là où la Nouuelle franchit iusques au 39. pour le moins, & plus loin, s'il plaist à sa Majesté de ne rien rabatre de ce que son predecesseur François I. auoit acquis.