CHAPITRE XXXVII. [i.e., xxxvi.]
LES RAISONS DES FRANÇOIS, PAR LESQUELLES ILS S'APPROPRIENT À BON DROICT LES TERRES DE LA NOUUELLE FRANCE, CONTRE LA PRETENSION DES ANGLOIS.
MAINTENANT, que i'ay satisfaict aux deux premieres [320 i.e., 322] parties de ma promesse, sçauoir est, que i'ay faict ma Relation du naturel des terres & des habitans de la nouuelle France: & vous ay raconté les comportemẽs des Iesuites, & les accidents, qui leur y sont suruenus; Reste la tierce, d'exposer en quoy consiste la dispute, qui est ores suruenuë entre les François, & Anglois, touchant ces contrées, & les raisons de l'vn & de l'autre party. Car le curieux Lecteur, à mon aduis, sera bien aise, d'entendre en quoy gist ce poinct cõtentieux: & les raisons qu'on apporte de part & d'autre; mesmes que cela appartient à l'honneur des François, de faire cognoistre à toutes nations à combien iustes tiltres, pertinentes raisons, & syncere conscience, nos Roys se sont faits Maistres, & ont possedé ces terres iusques à ce temps.
CHAPTER XXXVII. [i.e., xxxvi.]
THE REASONS WHY THE FRENCH HAVE APPROPRIATED BY GOOD RIGHT THE LANDS OF NEW FRANCE, AGAINST THE PRETENSIONS OF THE ENGLISH.
NOW as I have fulfilled the first two [320 i.e., 322] parts of my promise, that is, I have given an Account of the character of the lands and the inhabitants of new France, and have described to you the conduct of the Jesuits, and the adventures that befell them; there remains then the third topic: the explanation of the dispute that has now arisen between the French and English in regard to these countries, and the arguments for and against both sides. For the curious Reader, I believe, will be glad to learn just what the point of contention is, and the arguments which are advanced by both parties; it is even due to the honor of the French people, to make known to all nations how just are the titles, how suitable the reasons, and in what sincerity of conscience our Kings have made themselves Masters, and have taken possession of these lands up to the present.
[321 i.e., 323] Il faut doncques sçauoir tout premierement, que les Anglois ne nous disputent point toute la nouuelle France; Car ils n'osent nous denier, ce que tout le monde nous accorde; ains seulement ils contestent des confins. Ils nous accordent doncques [100]vne nouuelle France, mais limitée par les bords du Golfe, & grande riuiere de sainct Laurens, & nous restreignent dans les 47. 48. & 49. degrés d'eleuatiõ polaire. Du moins ils ne nous permettent pas de descendre plus bas vers le midy, que du quarantesixiesme degré; s'attribuans tout ce qui est dés la Floride, & le 33. degré iusques à Campseau, & les Isles de Cap Breton.
[321 i.e., 323] Accordingly it must be understood that the English do not dispute with us all of new France. For they dare not refuse what everybody grants us, but they only contest some of the boundaries. They grant us then a new France, but bound it by the shores of the Gulf and great river saint Lawrence, and restrict us within the 47th, 48th, and 49th degrees of north latitude. At least they do not allow us to go farther south than the forty-sixth degree, claiming all that country from Florida and the 33rd degree up to Campseau and the Islands of Cape Breton.
Les fondements de ceste leur pretension sont parce que enuiron l'an 1694. il y a vingt deux ans, estants entrez dans ce grand sein [322 i.e., 324] de la mer Americane, que les Anciens appelloyent de Mocosa, & y ayants trouué vne riuiere, & païs, qui leur agrea: ils commencerent à le vouloir habiter, luy imposants le nom de Virginie: mais ayants esté contrariez par les naturels, & autres accidents leur estoyent arriuez, ils furẽt en fin contraints de le quitter entierement, n'y ayants pas demeuré plus de deux, ou trois ans. Neantmoins despuis le Serenissime Roy Iacques à present regnant, venu à la couronne, ils ont prins resolution de le reconquester, & cultiuer. A quoy ledit Roy fauorisant, a baillé des grands Priuileges à ceux, qui entreprenoyent ceste peuplade, & entre autres a estendu le droict de leur tenuë dés le 33. degré d'eleuation iusques au 45. leur donnãt puissance de courir sus à tous estrangers, qu'ils trouueroyẽt dans [323 i.e., 325] ce destroict de terre, & cinquante mille auant dedans la mer. Ces lettres du Roy on esté expediees l'an quatriesme de son règne, & de grace 1607. le 10. d'Auril, il y a sept ans: car ie descry cecy l'an 1614.