[iii] Table des Chapitres contenus en ce liure.
| RELATION de ce qui s'est passé en la NouuelleFrance, en l'année 1635. Pag. | 1 |
| De l'estat & l'employ de nostre Compagnie enla Nouuelle France, Ch I. | 9 |
| De la conuersion & de la mort de quelques Sauuages,Chap. II. | 21 |
| Que c'est vn bien pour l'vn & l'autre France, d'enuoyericy des Colonies, Chap. III. | 51 |
| Ramas de diuerses choses dressé en forme de Iournal.Chap. IV. | 60 |
| Relation de ce qui s'est passé aux Hurons enl'année 1635. | |
| Enuoyée à Kebec au P. le Ieune, par le P. Brebeuf. | 113 |
| [iiii] Relation de quelques particularitez du lieu& des Habitans de l'Isle du Cap Breton. | |
| Enuoyée par le P. Iulien Perrault de la Compagnie deIesvs, à son Prouincial en France 1634. & 35. | 207 |
| Diuers Sentimens & aduis des Peres qui sont enla Nouuelle France. | |
| TireZ de leurs dernieres lettres de 1635. | 220 |
[iii] Table of Chapters contained in this book.
| RELATION of what occurred in New France inthe year 1635. Pag. | 1 |
| Of the condition and occupations of our Societyin New France. Ch. I. | 9 |
| Of the conversion and of the death of some Savages.Chap. II. | 21 |
| How it is a benefit to both old and new France, tosend Colonies here. Chap. III. | 51 |
| A collection of various matters prepared in the formof a Journal. Chap. IV. | 60 |
| Relation of what occurred among the Hurons inthe year 1635. | |
| Sent to Kebec to Father le Jeune by Father Brebeuf. | 113 |
| [iiii] Relation of certain details regarding theIsland of Cape Breton and its Inhabitants. | |
| Sent by Father Julien Perrault of the Society ofJesus, to his Provincial in France, in 1634& 35. | 207 |
| Various sentiments and opinions of the Fatherswho are in New France. | |
| Taken from their last letters of 1635. | 220 |
[1] Relation de ce qui s'est passé en la Novvelle France, en l'année 1635.
MON R. Pere,
Dieu soit beny pour vn iamais. C'est à ce coup que la Nouuelle Frãce se va ressentir des benedictions de l'ancienne, & que l'équité triomphant de l'iniustice, fera que ces contrées cesseront d'estre ce qu'elles ont esté depuis tant de siecles; vne forest sans limites; la demeure de la [2] barbarie; le pays de l'infidelité. Nous commençons à voir l'ouuerture de quelques campagnes, par les défrichements qu'on fait en diuers endroits; Les familles qui passent chaque année, changent la barbarie des Sauuages en la courtoisie naturelle aux François; & le petit aduancement que nous faisons par nos begayements, nous fait coniecturer que la foy bannira l'infidelité de son Empire. Bref, i'espere qu'on verra vn iour ces paroles accomplies dans nos grands deserts, Multi filij desertæ, magis quàm eius quæ habet virum. Il est bien conuenable que sous le Regne d'vn Roy si sainct, la vertu entre dans l'vne des grandes Seigneuries de sa Couronne: Que sous la faueur & la conduite d'vn Prince de l'Eglise, on voye naistre vne nouuelle Eglise, quæ extendet palmites suos vsque ad mare, & vsque ad flumen [3] propagines eius; qui étendra ses pampres iusques à la mer, & prouignera ses seps du long des riues du premier de tous les fleuues. Mille raisons nous donnent ces pensées, & nous font entrer dans ces attentes. Cette entreprise est appuyée [256] de personnes de merite & de condition, dont la vertu regardée des yeux de toute la France, reçoit vne approbation generale, & vn applaudissement mesme de la bouche de nostre grand Roy. Le rebut qu'on a fait de ceux, qui ayans succé le bien qu'on peut recueillir en ces contrées, les ont laissées sans peuplades & sans culture, n'ayans pas en tant d'années qu'ils en ont iouy, fait défricher vn seul arpent de terre: Les grãdes dépenses que font Messieurs de la Compagnie de la Nouuelle France, soit sur le pays, soit en leurs équipages; l'affection que nous [4] voyons en plusieurs personnes de fauoriser ce dessein, les vns de leurs moyens, les autres par leurs propres trauaux, nous font conclure que Dieu conduit cét affaire.