"(Ainsi signé à la minute du procès-verbal.)


"Suivent les annexes.

"Du seize Septembre mil sept cent un, à trois heures et vingt minutes après midi, est décédé dans le château vieil de ce lieu, très haut, très puissant et très réligieux Prince Jacques Stuart, second du nom, Roi d'Angleterre, d'Ecosse et d'Irlande, âgé de 67 ans 11 mois, également regretté des peuples de France et d'Angleterre, et surtout des habitans de ce lieu et autres qui avaient été temoins oculaires de ses excellentes vertus et de sa réligion, pour laquelle il avait quitté toutes ses couronnes, les cédant à un usurpateur dénaturé, ayant mieux aimé vivre en bon chrétien éloigné de ses états, et faire par ses infortunes et sa patience, triompher la réligion catholique, que de régner lui-même au milieu d'un peuple mutin et hérétique. Sa dernière maladie avait duré quinze jours, pendant lesquels il avait reçu deux fois le St. Viatique et l'extrême onction par les mains de Messire Jean François de Benoist, Docteur de la Maison de Sorbonne, prieur et curé de ce lieu, son propre pasteur, avec des sentimens d'une humilité profonde, qu'après avoir pardonné à tous les siens rebelles et ses plus cruels ennemis, il demanda même pardon à ses officiers, s'il leur avait donné quelque sujet de chagrin. Il avait donné aussi des marques de sa tendresse et réligion au Sérénissime Prince de Galles, son fils, digne héritier de ses couronnes aussi bien que de ses vertus, auquel il recommanda de n'avoir jamais d'autre règle de sa conduite que les maximes de l'Evangile, d'honorer toujours sa très vertueuse mère, aux soins de laquelle il le laissait, de se souvenir des bontés que Sa Majesté très chrétienne lui avait toujours témoigné, et de plutôt renoncer à tous ses états que d'abandonner la foi de Jésus-Christ. Tout le peuple tant de ce lieu que des environs ont eu la consolation de lui rendre les derniers devoirs et de la visiter pour la dernière fois en son lit de parade, où il demeura vingt-quatre heures exposé en vue, pendant lesquelles il fut assisté du clergé de cette église, des révérends pères Récollets et des Loges, qui ne cesseront pas de prier pour le repos de l'âme de cet illustre héros du nom chrétien que le Seigneur récompense d'une couronne éternelle.

"Signé, P. PARMENTIER, Secrétaire."

"Du dix-septième jour (même année) sur les huit heures et demie du soir, fut enlevé du château vieil de ce lieu, le corps de très haut, très puissant et réligieux monarque Jacques Stuart, second du nom, Roi d'Angleterre, d'Ecosse et d'Irlande, après avoir été embaumé en la manière accoutumée, pour être conduit aux Réligieux Bénédictins Anglais de Paris, faubourg St. Jacques, accompagné seulement de soixante gardes et trois carosses à la suite, ainsi qu'il avait ordonné pour donner encore après sa mort un exemple de détachement qu'il avait eu pendant sa vie des vanités du monde, n'étant assisté que de ses aumoniers et de Messire Jean François de Benoist, prêtre, Docteur de la Maison de Sorbonne, prieur et curé de ce lieu, son propre pasteur, qui ne l'avait point abandonné dans toute sa maladie, l'ayant consolé dans tous ses maux d'une manière édifiante et autant pleine d'onction qu'on puisse désirer du pasteur zélé pour le salut de ses ouailles. Son cœur fut en même tems porté dans l'Eglise des Réligieuses de Chaillot; une partie de ses entrailles, de son cerveau, avec ses poumons et un peu de sa chair, sont restés en dépôt dans cette église, pour la consolation des peuples tant Français qu'Anglais et pour conserver en ce lieu la mémoire d'un si grand et si réligieux prince.

"Signé, P. PARMENTIER, Secrétaire."

"Epitaphe de Jacques Second, Roi de la Grande Brétagne, telle qu'elle existait dans l'Eglise de St. Germain-en-Laye:—

"'A. Regi Regum

felicique memoriæ