Mais je suis sur et fier de ton amour—les malheurs sont des epreuves qui nous decellent mutuelment toute la force de notre passion un enfant adorable comme la maman va voir le jour et pourroit passer plusieurs ans dans tes bras—infortuné! je me contenterais d une journèe—Mille baise sur tes yeux, sur tes levres sur ta langue sur ton cœur—adorable femme quelle est ton ascendant je suis bien malade de ta maladie,j ai encore une fiévre brulante! ne garde pas plus de 6 heure le Simple* et qu il retourne de suite me porter la lettre cherie de ma Souveraine.
te souviens tu de ce reve ou j etois tes souliers tes chiffons et je te faisois entrer toute entière dans mon cœur—pourquoi la nature n a-t-elle pas arrange cela comme cela—il y a bien des choses a faire.
N. B.
A la Citoyenne
Bonaparte,
Rue Chautreine, No. 6
Paris.
(6.)
de Pistoa en toscane le 8 messidor.
A Josephine,
Depuis un mois je n'ai reçu de ma bonne amie que 2 billets de trois lignes chacun—a-t-elle des affaires? celle d'écrire a son bon ami n'est donc pas un besoin pour elle des lors celle d'y penser—vivre sans penser a josephine ce seroit pour ton mari etre mort et ne pas exister—ton image embelit ma pensée et egaye le tableau sinistre et noire de la melancolie et de la douleur——un jour peutetre viendra ou je te verai, car je ne doute pas que tu ne sois encore a paris et bien ce jour la je te montrerai mes poches pleines de lettres que je ne t'ai pas envoyé par qu'elles etoient trop bete, bien c'est le mot. bon dieu dis mois toi qui sais si bien faire aimer les autres sans aimer saurez tu me guerir de l'amour??? je pairai ce remede bien chère tu devois partir le 5 prairal—bon que j'etois je tendois le 13 comme si une jolie femme pouvoit abandoner ses habitudes, ses amis, et Me. tallien et un diné chez baras, et une representation d'une piece nouvelle et fontane* oui fontane* tu aime tout plus que ton mari tu n'a pour lui qu'un peu d'estime et une portion de cette bienveillance dont ton cœur abonde tous les jours †† recapituler tes tord, tes fautes je me bat le flanc pour ne te plus aimer bah n' est* ce* pas que je taime davantage enfin mon incomparable petite mere je vais te dire mon secret. Mocque toi de moi reste a Paris, aie des amans, que tout le monde le sache, n ecris jamais eh! bien je t en aimerai 10 fois davantage—et ce n est pas folie fiévre delire!! et je ne guerirai pas de cela—oh si par dieu j'en guerirai—mais ne vas pas me dire que tu es malade—n entrepend pas de te justifie bon dieu tu es pardonnée je t aime a la folie et jamais mon pauvre cœur ne cessera de donner tout* a* l'*amour* si tu ne m aimois pas mon sort seroit bien byzare. tu ne m'a pas ecrit—tu etois malade—tu n es pas venue. †† n'a pas voulu et puis ta maladie et puis ce petit enfant qui se remuoit si fort qu il te faisoit mal? mais tu as passe lion tu seras le 10 a turin le 12 a milan ou tu m atendira. tu seras en italie et je serois encore loin de toi—adieu, ma bien aimé, un baisé sur ta bouche—un autre sur ton cœur—et un autre sur ton petit enfants.
Nous avons fait la paix avec Rome qui nous donne de l'argent—nous serons demain a livourne et le plutot que je pourrois dans tes bras, a tes pieds, sur ton sein.
A la Citoyenne
Bonaparte,
Rue chautreinne No. 6
Paris.