[69] The American Commonwealth, new edition (1912), vol. II, pp. 793, 794.


THE FRANCE-AMERICA COMMITTEE OF NEW YORK[70]

I ask you, Gentlemen, to rise and lift your glasses high to the joint toast of his Excellency the President of the United States, his Excellency the President of the Republic of France and his Majesty the King of England.

I ask you again to rise and lift your glasses high to the joint toast of the other Allies: to his Majesty the King of the Belgians, whose valiant and heroic people have suffered frightfully and have again shown, as Cæsar taught us, that "horum omnium fortissimi sunt Belgae;" his Imperial Majesty the Czar of all the Russias, whose brave soldiers have stood so much of the brunt of the battle and paid such an awful toll, and to his Majesty the King of Italy, and his courageous army and navy, whose help may yet prove decisive.

As the permanent object of the France-America Committee, which was organized long before the present war, is to perpetuate the traditions and bonds of friendship which bind the governments and peoples of France and America together, our guests will readily appreciate why France should seem, at the moment, to be foremost in our thoughts.

Monsieur Homberg, Monsieur Mallet: Le Comité France-Amérique de New York éprouve un très vif plaisir à saluer en vous les délégués de la République Française. Le Comité tient à vous témoigner l'amitié des Américains pour la France, notre admiration de l'héroïsme que le peuple français de toutes classes a montré pendant l'année affreuse qui vient de s'écouler, nos ardentes sympathies pour vos souffrances, et nos souhaits pour votre avenir.

Notre hospitalité est malheureusement imprégnée d'une tristesse poignante, car un souci de tous les instants ne nous permet pas d'oublier la guerre brutale et féroce qui a dévasté une grande partie de la France et presque toute la Belgique, et qui menace non seulement les libertés des peuples français et belge, mais la civilisation de toute l'Europe. Il est vrai que notre gouvernement national, pour des raisons d'état, se trouve forcé de maintenir une neutralité légale, tâche si difficile et si complexe, mais le peuple américain ne saurait être indifférent aux malheurs et aux détresses des Français. Un grand Américain a bien dit que c'est en apprenant l'histoire de son pays que l'enfant américain apprend à aimer la France. Nous ne pourrions jamais oublier l'aide généreuse, la sympathie, le dévouement, et le désintéressement que le peuple français nous a témoignés au début de notre histoire. Le souvenir, Messieurs, en est ineffaçable. Innombrables sont mes compatriotes qui prient de tout cœur qu'une nouvelle Bataille de Poitiers contre les Sarrasins délivre bientôt la belle et sainte terre de France de ses envahisseurs.

Le service que la France a rendu aux Etats-Unis est souvent méconnu et quelquefois oublié. L'heure est venue de réfuter et les dénigrements et les préjugés. Le Comité France-Amérique voudrait saisir cette occasion pour rappeler hautement ce que nous devons à la France et exprimer la reconnaissance profonde que le peuple américain ressent envers le peuple français.