Ci joint la note de la formation de ces colonnes. Elles sont presque toutes composées de 3eme bataillons et de conscrits, mais avec de bons cadres; 15 à 20 jours de stations à Burgos et à Vittoria les mettront à-peu-près à l’école de bataillon. Ce serait une très grande faute que de rappeller trop tôt ces troupes pour en renforcer les cadres principaux; il faut attendre jusqu’à ce qu’on ait pu les remplacer à Vittoria et à Burgos par de nouvelles troupes.

11eme Observation.—Il n’y a donc rien à craindre du côté du maréchal Bessières, ni dans le nord de la Castille, ni dans le royaume de Léon.

Il n’y a rien à craindre en Arragon; Saragosse tombera un jour plus tôt ou un jour plus tard.

Il n’y a rien à craindre en Catalogne.

Il n’y a rien à craindre pour les communications de Burgos à Bayonne, moyennant les deux colonnes organisées dans ces deux villes, et qui seront renforcées. S’il y avait des événemens en Biscaye, la force qui se réunit à Bayonne, formant une réserve, seroit suffisante pour mettre tout en ordre.

S’il arrive à Burgos quelque événement trop considérable pour que la colonne mobile qui est à Burgos puisse y mettre ordre, le maréchal Bessières ne sera pas assez loin pour ne pouvoir faire un détachement.

Le général Monthion a la surveillance de toutes les Biscayes. Le général Bonnet à Burgos est chargé de maintenir la communication de Vittoria avec le maréchal Bessières et avec Madrid. Il est nécessaire que ces deux généraux correspondent tous les jours entr’eux et avec le général Drouet, qui est laissé en réserve à Bayonne, de même que le génl Verdier de Saragosse et le génl Dagoult de Pampelune doivent correspondre tous les jours avec le général Drouet à Bayonne, et avec Madrid, par le canal de Bayonne et de Vittoria: jusqu’à ce que les communications directes soient rétablies, un courier partant de Madrid peut se rendre par Vittoria, Tolosa, Pampelune, devant Saragosse. Le seul point important donc aujourd’hui est le général Dupont. Si l’ennemi parvenait jamais à s’emparer des défiles de la Sierra Morena, il serait difficile de l’en chasser; il faut donc renforcer le génl Dupont, de manière qu’il ait 25 mille hommes, compris ce qu’il faudra pour gardes les passages des montagnes et une partie du chemin de La Manche. Il pourra disposer les troupes de manière que le jour où il voudra attaquer, la brigade de deux à trois mille hommes, destinée à garder les montagnes, arrive au camp du génl Dupont à marches forcées, et soit successivement remplacée par les colonnes qui seraient en arrière, de sorte que le génl Dupont ait pour le jour de la bataille plus de 23 mille hommes à mettre en ligne.

Une fois qu’on aura bien battu l’ennemi, une partie des troupes se dissipera, et selon que la victoire sera plus ou moins décidée, on pourra faire continuer le mouvement à d’autres troupes sur le général Dupont.

12eme Observation.—Saragosse pris, on aura des troupes disposibles, soit pour renforcer l’armée de Catalogne, soit pour marcher sur Valence de concert avec le maréchal Moncey, soit pour renforcer le maréchal Bessières et marcher en Galice, si après la victoire qu’il a déjà remporté, et celle qu’il remportera à Léon, il ne croit pas assez fort pour s’y porter d’abord.