Le corps de gauche depuis Tudela jusqu’à Logroño.
Le corps du centre depuis Logroño jusqu’à Haro.
La reserve Miranda.
La nouvelle position prise par l’armée depuis que les événemens de l’Andalousie avaient fait présager une guerre réelle en Espagne, était évidemment commandée par les simples notions de la saine raison, qui ne pouvait permettre sa séparation à plus de dix jours de marche, de trois corps d’armée, dont le plus fort n’arrivait pas à 18,000 hommes, au milieu d’une nation de onze millions d’habitans, qui se déclarait ennemi, et se mettait universellement en état de guerre.
Cinquante mille Français ont pu se tenir avec succès sur une ligne de plus de 60 lieus, gardant les deux grandes communications de Burgos et de Tudela contre des ennemis qui n’ont pu jusqu’ici porter sur l’un ou l’autre de ces points plus de 25,000 hommes; puisque 15,000 Français pouvaient être réunis sur l’une ou l’autre de ces deux communications principales en 24 heures.
Si les corps d’armée dirigés sur l’Espagne devaient arriver dans le mois de Septembre, ce système défensif et offensif à la fois se continuerait avec avantage, puisqu’il tend à refaire l’armée, à attendre celle qui doit arriver, et continue à menacer l’ennemi; mais il ne saurait se prolonger jusqu’au mois de Novembre. L’ennemi n’a pu rester trois mois sans faire de grands progrès; bientôt il sera en état de prendre l’offensif avec de grands corps organisés, obéissans à une administration centrale, qui aura eu le tems de se former à Madrid. Tout nous annonce que le mois d’Octobre est une de ces époques décisives qui donne à celui qui sait s’en emparer la priorité des mouvemens et des succès dont la progression est incalculable.
Quel est le parti à prendre dans la position où se trouve l’armée, et avec l’assurance qu’elle a? de voir entrer en Espagne dans le mois de Novembre deux cent mille Français.
Six manières de voir se présentent à l’esprit.
1ere. D’essayer de rester encore dans l’état où l’on est.
Ce système est évidemment insoutenable. De Tudela à Burgos et à Bilbao il y a plus de 60 lieus. L’ennemi pourra attaquer la gauche de cette ligne avec quarante mille hommes, la droite avec quarante mille hommes, le centre avec des forces égales. Tudela et la Navarre jusqu’à Logroño demandent 25,000 hommes pour être défendues. Burgos ne peut être défendue que par une armée en état de résister aux forces réunis de MM. Blake, Cuesta, qui peuvent présenter 80,000 hommes. Il est douteux que les 20,000 bayonettes qu’il serait possible de leur presente puissent les battre complètement. Si le succès est douteux, ces 20,000 hommes seront harcelés par les insurgés, qui pourront alors soulever les trois provinces, les séparer totalement d’avec le corps de gauche et de la France.