J’ai l’honneur de vous prier, Monsieur le maréchal, d’agréer l’hommage de mon respect.

(Signé) Reynier.

A Monsieur le Général Reynier. Sur la hauteur en arrière de Moira, le 26 Septembre 1810, à 10 heures ½ du matin.

Je reçois à l’instant, mon cher général, votre lettre de ce jour. Je pense qu’une grande partie de l’armée Anglo-Portugaise a passé la nuit sur la crête des montagnes qui domine toute la vallée de Moira. Un paysan dit qu’il existe de l’autre côté de ces montagnes une plaine assez belle d’une demi-lieue d’étendue, et très garnie d’Oliviers. Depuis ce matin, l’ennemi marche par sa gauche, et semble diriger ses colonnes principales sur la route d’Oporto; cependant il tient encore assez de monde à la droite du parc qui couvre le couvent des minimes nommé Sako; et il montre une 12ne de pièces d’artillerie. Le chemin de Coïmbre passe très près de ce courent.

J’ai envoyé ce matin un de mes aides-de-camp au prince d’Essling pour lui dire que nous sommes en présence, et qu’il serait nécessaire qu’il arrivât pour prendre un parti. Si j’avais le commandement, j’attaquerais sans hésiter un seul instant; mais je crois, mon cher général, que vous ne pouvez rien compromettre en vous échelonnant sur la droite de l’ennemi; et en poussant ses avant-postes, car c’est véritablement par ce point qu’il faudrait le forcer à faire sa retraite.

Je vous renouvelle, &c.
(Signé) Le maréchal Duc d’Elchingen.

SECTION 4.

A Monsieur le maréchal prince d’Essling, Commandant-en-chef, l’armée de Portugal, Paris, le 4 Décembre, 1810.

Monsieur le prince d’Essling, le général Foy que vous avez expédié est arrivé à Paris le 22 Novembre; il a fait connaître à sa majesté et dans le plus grand détail ce qui s’est passé et votre situation.