Dans la nuit du 5 les Espagnols avaient rasés nos lignes de St. Petri, ils employèrent pendant plusieurs jours et plusieurs nuits 6000 hommes, à transporter à la Isla, du bois, dont ils manquaient, quelques jours après, nous avons fait cesser ces approvisionnements, en reprenant la position de St. Petri, où on ne trouva personne; les Espagnols craignant une répétition de l’affaire du 2 Mars, ont détruits eux-même de fort bonne grace leur tête de pont, et replié leur pont de Radeaux, des ce moment chacun resta chez soi, comme avant les hostilités.

Du 21 Mars, 1811.

Il est surprenant que l’armée combinée ne nous ait pas poursuivis le 5, bien plus surprenant encore qu’elle ne nous ait point attaqués le 6 au matin; on en conçoit plusieurs raisons. On conjecture d’abord que la principale perte de la bataille étant tombée sur les Anglais, qui ont eu un grand nombre d’officiers et même leurs généraux mis hors de combat, les Espagnols n’ont pas osé venir seuls nous attaquer. Le général Grâm voulait cependant les y contraindre le lendemain, mais sur leur refus formel, il les a traité de lâches, de gens indignes d’être secourus. Ils ont répondu qu’ils feraient une sortie de la Isla si l’on voulait mettre le tiers d’Anglais ou Portugais avec les deux tiers d’Espagnols, le général Anglais a répondu qu’il n’exposerait plus un seul de ses soldats avec des troupes de cette espèce, et sur le champ il a donné ordre aux Anglais et Portugais de se retirer.

A Cadiz ou dans la ville de la Isla. Il parait même que le lendemain les Anglais se sont embarqués pour se rendre à Gibraltar ou peut-être à Lisbonne. Les gens du pays donnent pour certain que le général Grâm, en envoyant ces jours derniers à Londres trente-trois officiers des moins blessés, n’a pas dissimulé qu’il les chargeaint d’exposer à son gouvernement quelle folie il y avait de sacrifier de braves gens pour soutenir en Espagne un parti sans moyens, sans bravoure et sans moralité. Si ce qui précède n’est pas vrai, au moins sommes nous certains qu’une grande mésintelligence règne entre les Espagnols et leurs alliés. Le 20, les Espagnols ont encore essayé une sortie de la Carraca mais sans succès; ils s’y prennent un peu tard. Nous sommes à présent très à mesure pour les recevoir. Ils font semblant d’embarquer continuellement des troupes qui n’agissent pas et qui ne peuvent plus nous nuire. Il est arrivé à Médina quelques bataillons du 4me corps, deux bataillons du soixante-trois sont aussi venus de Séville. Nous apprenons avec la prise de Badajos, que M. le maréchal Soult est à Séville. La blessure de M. le commandant Bompar et les miennes vont un peu mieux.

Legentil.

Excusez les imperfections de cette longue lettre, j’écris de mon lit, dans une posture gênante.

Monsieur le général de division Lery, à Séville.

SECTION 8.

Extracts from the intercepted report of general Garbé, commanding the French engineers, at the Blockade of Cadiz.

25 Mars, 1811.