“Général,—Je reçois seulement dans ce moment votre lettre du 18me avec la copie de celle du général d’Aultanne. Pour instruction générale vous ne devez obéir à aucun ordre qui vous serait donné au nom du roi lorsqu’elles sont contraires à mes intentions particulières. Ne vous départez jamais de ces dispositions. L’armée de Portugal ne doit point servir aux escortes, ni à la communication de l’armée du midi,—nos troupes auront bien assez de courses à faire pour assurer la rentré de nos approvisionnemens. Le roi a paru désirer que je n’occupe point Illescas, à cause de son voisinage de Madrid; par ce motif et plus encore en raison de l’éloignement et du service pénible des troupes, je ne veux point l’occuper. Mon intention était de ne point occuper Aranjuez; mais puisque les ministres du roi out pris la mesure inconsiderée d’ordonner la vente des magazins, ne perdez pas un seul instant pour envoyer un détachement occuper Aranjuez, où le préfet de Toledo fera faire le plus de biscuit possible. Prenez la même mesure pour tous les points où il y a des magazins.—Emparez vous en,—et que personne n’y touche.—L’empereur a indiqué la province de Toledo et non la préfecture; ainsi ce sont les réssources de toute la province qui nous sont affectés.—Emparez vous en,—et que le préfet administre tous le pays. Dites bien au préfet qu’à quelque titre que ce soit aucun des réssources en blé, argent de quelque source qu’elles préviennent ne doit être distraits pour Madrid, et qu’elles doivent toutes être conservés pour l’armée de Portugal. À la fin du mois la division de dragons arrivera dans les environs de Tolede.—J’espère qu’elle éloignera les guerillas. Dans le cas ou ils resteroient dans le voisinage on leur donnera la chasse. Voyez à obtenir du préfet de Tolede qu’il fasse un effort extraordinaire pour envoyer à Talavera le blé et l’orge qui lui out été demandés, attendu que comme ici on est obligé de faire des expéditions en avant, nous sommes dans un besoin très pressant. Je désirerois rentrer dans la possession de tout le blé qui a été vendu. On renverroit les acheteurs par devant le gouvernement Espagnol pour être indemnisées,—s’il y a possibilité engagez le préfet à prendre des mesures conservatoires en attendant que je prenne un arrête à cet égard sur le rapport que vous me ferez. Je me rends à Madrid où je passerai deux jours dans l’espérance d’éclairer le roi sur la conduite que ses véritables intérêts lui commandent de tenir envers l’armée française. De là je me rends à Tolede. Je n’ai pas besoin de vous recommander, général, d’envoyer à Aranjuez un officier sage et ferme, qui exécute ponctuellement les ordres qui lui seroient donnés, qui se fasse obéir et qui mette le plus grand soin à faire respecter l’habitation du roi.”

Intercepted letter in cypher from general Montbrun to the
governor of Ciudad Rodrigo.

Val de Fuentes, Septembre, 1811.

Je reçu le—du courant, mon cher général votre réponse du—à la lettre que je vous écrivis le—, et je m’empressai d’en communiquer le continue à S. E. le maréchal duc de Ragusa, qui me charge de me mettre en communication avec vous. Je m’en acquitterai avec plaisir puisque c’en est toujours un nouveau pour moi de récevoir de vos nouvelles. Je vous annonce qu’un approvisionnement très considérable se prépare à Salamanque par les soins du général-en-chef Dorsenne, le maréchal, sur lequel vous pouvez compter aussi fait des preparatifs pour vous envoyer des vivres. Tous les convois partiront sous bonne escorte, et se mettront en marche d’après ce que je presume du—au—du courant au plus tard. Dans tous les cas ne vous impatientez pas. Nous sommes prêts à venir à votre sécours de toutes les manières. Vous ne sauriez trop de votre côté nous mettre au courant de la force de la position et enfin vous ne pourriez nous donner trop de détails sur l’armée Anglo-Portugaise.

Je reçois à l’instant le billet que vouz avez écrit hier au général Boyer, par lequel vous nous faites connoître que d’après tous les renseignemens que vouz avez obtenus, vouz croyez que les sept divisions Anglaises sont dans vos parages. Il importe de s’en assurer positivement de connoître leur position, et, s’il est possible, leur composition. II parait que vous n’avez pas beaucoup de monde dans votre place sur qui vous puissiez compter. Proposez à l’homme que je vous envoie d’aller reconnoître les Anglais à Gallegos et Fuente Guinaldo, et de révenir par El Bodon, et vous me le renverriez ensuite. Dites lui que je le paierai bien s’il veut faire cette tournée, mais s’il s’y refuse je vous prie de ne pas l’y contraindre. &c., &c.

General Walker to lord Wellington.

Coruna, September 4, 1811.

“I saw the whole of the troops with him (general Abadia) in and about a league in front of Astorga, having their advanced posts on the Esla, the whole not amounting to above seven thousand men, independent of a reserve of about fifteen hundred near Foncebadon and Bembibre or on the road from Lugo. The force of the enemy in his front when collected being estimated at about thirteen thousand men. The wretched situation of the Gallician troops, in want almost of every thing, one-third part at least without shoes, and dependent on the precarious subsistence that can day by day be collected, certainly does credit to their patience and good inclination.”

————“In consequence of this movement, (Abadia’s retreat,) the great road by Manzanal and Bembibre being left open or nearly so, the French pushed forward on it so rapidly that shortly after my arrival here (Coruña) intelligence was received of their having got possession of the important pass of Villa Franca, and that the Gallician troops thus cut off from it, had been obliged to make their retreat by the Valdes Orres. Without any correct information of the force of the enemy, and the entrance of Gallicia thus left entirely in his hands, a very considerable alarm was for some time occasioned here, of which I took every advantage to urge upon the junta the necessity of a full compliance with the recommendation and wishes of the general to enable him to put the troops in such a state of equipment as might render them, either for defence or attack, in every way disposable in his hands; and at the same time to put Coruña into temporary security by withdrawing to it all the guns (amounting to no less than fifteen hundred) of the indefensible arsenal of Ferrol, which would otherwise become a sure depôt for the enemy in any attack he might contemplate on this place, and who might not otherwise venture to bring with him heavy artillery on so distant an excursion.”

SECTION 2.
Official letters from the prince of Neufchatel to marshal Marmont, extracted from the duke of Rovigo’s Memoirs.