“(Signé) Le Maréchal Duc de Raguse.”

Joseph to Napoleon.

Madrid, May 18, 1812.

Sire,—Il y a aujourd’hui un mois et demi que j’ai reçu la lettre du prince de Neufchatel en dâte du 16 Mars dernier, qui m’annonce que votre majesté impériale et royale me confiait le commandement de ses armées en Espagne, et me prévenait que les généraux-en-chef des armées du Nord, de Portugal, du midi, et de l’Arragon recevaient les ordres convenables.

Depuis cette époque il m’a été impossible de remplir les intentions de V. M. impériale et royale. Le général-en-chef de l’armée du nord s’est refusé à m’envoyer aucune rapport disant, et écrivant qu’il n’avait aucun ordre à cet égard. M. le maréchal commandant en chef l’armée du midi n’a encore répondu à aucune des lettres que je lui ai écrites ou fait écrire depuis cette époque. M. le maréchal commandant-en-chef l’armée d’Arragon ne m’envoye aucune rapport, et reste entièrement isolé de moi. M. le maréchal commandant-en-chef l’armée de Portugal m’a fait beaucoup de demandes auxquelles il savait parfaitement que je ne pouvais satisfaire, comme celles des troupes de l’armée du nord, des vivres, &c. Sa conduite est tellement indécente qu’elle n’est pas concevable. V. M. I. et R. pourra en juger par mes dépêches au prince de Neufchatel.————Sire, en acceptant le commandement des armées françaises à l’époque ou je l’ai reçu, j’ai cru remplir un devoir que tous les liens qui m’attachent à V. M. I. et R. et à la France m’imposaient parceque j’ai pensé pouvoir être utile, mais j’étais persuadé que V. M. I. et R. me confiant un dépôt si précieux les généraux-en-chef s’empresseraient d’obéir à la volonté de V. M. Il n’en est pas ainsi, je m’adresse donc à elle pour qu’elle veuille bien écrire ou faire écrire aux généraux-en-chef qu’elle est sa volonté pour qu’elle leur fasse déclarer que leur désobeissance à mes ordres les mettrait dans le cas d’être renvoyés en France où ils trouveraient un juge juste mais sévère dans V. M. I. et R. Si V. majesté ne trouve pas le moyen de persuader à ces messieurs que sa volonté est que je sois obéi, je la supplie de considérer que le role auquel je suis exposé est indigne de mon caractère et du nom de V. M. Si la guerre du nord a lieu, je ne puis être utile ici qu’autant que je suis obéi, et je ne puis être obéi qu’autant que ces messieurs sauront que j’ai le droit de les remplacer; je ne puis infliger, moi, d’autre punition que celle là à un général-en-chef. Si je ne suis pas obéi, et que V. M. aille au nord, l’Espagne sera évacué honteusement par les troupes impériales, et le nom que je porte aura présidé inutilement à cette époque désastreuse.

Le mal est grand, mais il n’est au-dessus ni de mon devouement ni de mon courage. C’est à votre majesté à les rendre efficaces par la force dont il est indispensable qu’elle m’entoure; le salut des armées impériales et de l’Espagne independent.

No. VI.
TARIFA.

[The anonymous extracts are from the memoirs and letters of different
officers engaged in the siege. The Roman characters mark
different sources of information.]

SECTION 1.
Number and conduct of the French.
A.

“As to the numbers of the French; the prisoners, the intercepted letters, the secret information from Chiclana, all accounts, in fact, concurred in stating that the troops employed exceeded nine thousand men!”