UN vent Plein de sanglots sur la
mer impassible
Vient jusqu’ici! La France écoute, grave, Or,
Ce sont les voix éplorées, la douleur terrible
Des Hécubes en pleurs des Amériques d’or.

Là-bas, dans l’épouvante et l’injure et la haine,
Les chasseurs de la mort ont sonné l’hallali
Et de nouveau soufflant sa venimeuse haleine
On croirait voir la bouche d’Huitzilohoxtli.

Il semblerait que tous les démons du passé
Viennent de s’éveiller empoisonnant la terre.
Si contre nous l’étendard sanglant s’est levé,
C’est l’étendard hideux de ce tyran: la Guerre.

Marseillaises de bronze et d’or qui vont dans l’air
Sont pour nos cœurs ardent le chant de l’espérance.
En entendant du coq gaulois le clairon clair
On clame: Liberté! Et nous traduisons: France!

Car la France sera toujours notre espérance,
La France à la Amérique donnera sa main,
La France est la patrie de nos rêves! La France
Est le foyer béni de tout le genre humain!

Crions: Paix! sous les feux des combattants en marche,
La paix qui prêche l’aube et chante l’angelus,
La Paix qui promulgua la colombe de l’arche
Et fut la voix de l’ange et la croix de Jésus.

Crions: Fraternité! que l’oiseau symbolique
Soit nonce de fraternité dans le ciel pur,
Que l’aigle plane sur notre inmense Amérique
Et que le condor soit son frère dans l’azur,