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Quand je dis de ne pas masquer l'homme, ce n'est pas que j'aie la grossièreté de vouloir qu'on exprime tout. Il y a des coins de vérité qu'on présentera plus agréablement sous un léger voile.
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Les hommes, vus de près et dans l'intérieur, sont souvent pires, mais quelquefois aussi ils valent mieux que quand on ne les voit et qu'on ne les juge que d'après le monde et sur l'étiquette de la renommée.
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Quand on le peut et quand le modèle a posé suffisamment devant vous, il faut faire les portraits les plus ressemblants possible, les plus étudiés, et réellement vivants; y mettre les verrues, les signes au visage, tout ce qui caractérise une physionomie au naturel… Je crois que la vie y gagne et que la grandeur vraie n'y perd pas.
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Je n'aime pas les portraits de convention, le public les aime assez; il est toujours délicat de déranger un de ces portraits tels qu'il les a vus et tels qu'il les veut; il semble qu'en y mettant les verrues et les taches, on ait dessein de le salir et de l'outrager… Tranquillisez-vous, ne vous fâchez pas! on ne prétend rien ôter que de faux, on ne veut y remettre que la vérité de la physionomie et l'entière ressemblance.
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Il n'est rien de tel, pour fortifier son jugement et accroître son expérience, que d'écouter les esprits supérieurs et de recueillir leurs témoignages, quand ils ne s'expriment pas en vue de la foule et pour amuser la galerie, mais quand ils parlent avec netteté et simplicité pour se laisser voir tels qu'ils sont à ceux qui sont dignes de les bien voir.