Elle dit; et voyant sa faible résistance,
Elle échauffe son coeur d'un doux embrassement;
Son époux, que séduit son tendre empressement,
De ses premiers désirs sent palpiter son âme;
Il reconnaît Vénus à l'ardeur qui l'enflamme,
Et le rapide éclair des amoureux transports
Pénètre chaque veine, et court par tout son corps.
Tel, du ciel enflammé parcourant l'étendue,
L'éclair part, fend les airs, et sillonne la nue.
]

[8: Limes erat tenuis, longa sub nubibus umbra. (Ovide.)]

[9: La dame en question était douée par nature d'une douce impartialité qui n'excluait pas la justesse des jugements. Toutefois, une note des Cahiers donnerait à croire qu'elle n'avait pas l'esprit aussi aimable que le reste: «Jeune, on se passe très-aisément d'esprit dans la beauté qu'on aime et de bon sens dans les talents qu'on admire.» Du même coup, le mari y attrape son égratignure.]

[10: Je ne tiens pas compte des Pensées d'août, publiées plus tard, en 1837, et qui ne sont que de la prose rimée, sans rien de poétique.]

[11: Homère. Iliade, XIV].

[12: Sainte-Beuve n'y a jamais répondu, trouvant que c'était là une méchante et trop facile littérature. Il s'est contenté de réfuter d'une manière générale certaines théories sur l'adultère: «Nos auteurs dramatiques et nos romanciers sont uniques. Ils vivent, la plupart, comme de gais et spirituels chenapans, avec des filles, avec des cocottes, avec des femmes mariées; ils ne se gênent en rien et s'en donnent à tire-larigot. Mais dès qu'il s'agit, dans leurs inventions littéraires, d'un adultère, cela devient une affaire de tous les diables et comme si le cas était pendable au premier chef. Ils oublient qu'il n'y a rien de plus commun en fait, et rien qui, dans le train ordinaire de la vie, tire moins à conséquence.»

(Cahiers, page 133.)]

[13: Les gens de lettres le sont jusqu'au bout. Oublier ses passions dès qu'on les a satisfaites ou n'en garder qu'un vague souvenir au fond du coeur, cela est bon pour le vulgaire. Avec les poëtes et les romanciers, tout ne finit pas ainsi. Restent les lettres et les témoignages écrits. Voilà de quoi composer des livres; c'est un texte de copie tout trouvé. Les deux amoureux le savaient si bien qu'ils décidèrent, en rompant, de confier leurs billets doux à un notaire, pour être remis au dernier survivant. Après la mort de Musset, Mme Sand hérita du paquet. Mais avant de le livrer à l'impression, elle consulta le confident. Sainte-Beuve, peu flatté d'avoir à relire ces vieux poulets, me chargea de la besogne. Étais-je d'un sens trop grossier? Le fait est que tout cela me parut fort déclamatoire et vide. Il me semblait feuilleter un tome de la Nouvelle Héloïse, et je l'avouai franchement. Sans doute mon impression fut transmise telle quelle à Mme Sand, car elle brûla, dit-on, ces lettres,—après en avoir laissé prendre quelques copies.]

[14: Le fait paraît moins surprenant quand on lit l'article dans le numéro du 24 juin 1829. Il y est parlé avec éloge de l'ancien ministre des relations extérieures; de plus, les idées en sont empruntées d'un mémoire publié par M. d'Hauterive sous la dictée de Talleyrand.]

[15: Le pauvre diable avait conscience de son infirmité. Il écrivait à Béranger: «Quand je suis ainsi empêtré dans un monde d'idées et de faits soulevés dans ma tête, je deviens une brute, incapable de toute antre chose.» Et le malin chansonnier, écrivant à son tour à Hippolyte Fortoul, à propos d'une visite que J. Reynaud lui avait faite à Fontainebleau, ajoutait: «Il m'a promis de m'envoyer Leroux. Vous feriez bien de le conduire jusqu'ici, pour qu'il ne se perde pas en route.»]