7. Toute la vie de Jésus-Christ n'a été qu'une Croix et un long martyre: et vous cherchez le repos et la joie!

Vous vous trompez, n'en doutez pas, vous vous trompez lamentablement, si vous cherchez autre chose que des afflictions à souffrir; car toute cette vie mortelle est pleine de misères et environnée de Croix.

Et plus un homme aura fait de progrès dans les voies spirituelles, plus ses Croix souvent seront pesantes; parce que l'amour lui rend son exil plus douloureux.

8. Cependant celui que Dieu éprouve par tant de peines, n'est pas sans consolations qui les adoucissent; parce qu'il sent s'accroître les fruits de sa patience à porter sa Croix.

Car lorsqu'il s'incline volontairement sous elle, l'affliction qui l'accablait se change tout entière en une douce confiance qui le console.

Et plus la chair est affligée, brisée, plus l'esprit est fortifié intérieurement par la grâce.

Quelquefois même le désir de souffrir, pour être conforme à Jésus crucifié, lui inspire tant de force, qu'il ne voudrait pas être exempt de tribulations et de douleur, parce qu'il se croit d'autant plus agréable à Dieu, qu'il souffre pour lui davantage.

Ce n'est point là la vertu de l'homme, mais la grâce de Jésus-Christ, qui opère si puissamment dans une chair infirme, que tout ce qu'elle abhorre et fuit naturellement, elle l'embrasse et l'aime par la ferveur de l'esprit.

9. Il n'est pas selon l'homme de porter la Croix, d'aimer la Croix, de châtier le corps, de le réduire en servitude, de fuir les honneurs, de souffrir volontiers les outrages, de se mépriser soi-même et de souhaiter d'être méprisé, de supporter les afflictions et les pertes, et de ne désirer aucune prospérité dans ce monde.

Si vous ne regardez que vous, vous ne pouvez rien de tout cela.