Et c'est vous qui m'avez excité le premier à vous chercher.

Soyez donc béni, Seigneur, d'avoir usé de cette bonté envers votre serviteur, selon votre infinie miséricorde.

Que peut-il vous dire encore? et que lui reste-t-il qu'à s'humilier profondément en votre présence, plein du souvenir de son néant et de son iniquité.

Car il n'est rien de semblable à vous dans tout ce que le ciel et la terre renferment de plus merveilleux.

Vos œuvres sont parfaites, vos jugements véritables, et l'univers est régi par votre providence[283].

[ [283] Ps. XVIII, 10. Sap., XIV, 3.

Louange donc et gloire à vous, ô Sagesse du Père! Que mon âme, que ma bouche, que toutes les créatures ensemble vous louent et vous bénissent à jamais!

RÉFLEXION.

À mesure que l'âme fidèle se dégage de la terre et d'elle-même, toutes ses pensées, tous ses désirs s'élèvent et viennent se confondre en celui qu'elle aime uniquement. Alors elle gémit des liens qui l'appesantissent et la retiennent encore ici-bas. Pressée d'un amour qui croît sans cesse, elle voudrait briser son enveloppe mortelle, et s'élancer dans le sein de l'Être infini auquel elle aspire, et s'y plonger, et s'y perdre éternellement. Qui me donnera des ailes comme à la colombe, et je volerai et je me reposerai[284]! Nul repos en effet pour elle, jusqu'à ce qu'elle soit pleinement unie à l'objet de ses ardeurs, jusqu'à ce qu'elle puisse dire dans les transports, dans l'ivresse divine de sa joie, dans la jouissance, la possession à jamais immuable du céleste époux: Mon bien-aimé est à moi, et je suis à lui[285]. Oh! quand luira cet heureux jour, jour de la délivrance et de l'allégresse sans fin? Quand cessera le temps de l'exil, le temps de l'espérance et des larmes? Quand verrons-nous décliner les ombres qui dérobent à nos regards le bien-aimé? Comme le cerf altéré désire l'eau des fontaines, ainsi mon âme vous désire, ô mon Dieu! Mon âme a eu soif du Dieu fort, du Dieu vivant: oh! quand viendrai-je et paraîtrai-je en présence de mon Dieu[286]?

[ [284] Ps. LIV, 7.