RÉFLEXION.

Le premier mouvement de l'âme éprouvée par la tentation doit être de s'humilier, de reconnaître son impuissance; et aussitôt de recourir avec une vive foi à celui qui seul est sa force: Seigneur, sauvez-moi, car je vais périr[323]: et Dieu se hâtera de venir au secours de cette pauvre âme; il étendra pour la secourir sa main toute-puissante; il commandera aux vents et à la mer, et il se fera un grand calme[324]. Ainsi encore, lorsque le cœur est brisé d'affliction, oppressé d'angoisse, que fera-t-il? Il se jettera dans le sein de Dieu le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, Père de miséricorde et Dieu de toute consolation, qui nous console dans nos épreuves: car de même que les souffrances de Jésus-Christ abondent en nous, ainsi abonde par Jésus-Christ notre consolation[325]. Alors, si notre âme, comme celle de Jésus, est triste jusqu'à la mort[326], si nous disons comme lui: Mon Père, que ce calice s'éloigne de moi! comme lui aussi nous ajouterons Non pas ce que je veux, mais ce que vous voulez[327]!

[ [323] Matth., VIII, 25.

[ [324] Matth., VIII, 26.

[ [325] II. Cor., I, 3, 4, 5.

[ [326] Matth., XXVI, 38.

[ [327] Ibid., 39.

CHAPITRE XXX.
Qu'il faut implorer le secours de Dieu, et attendre avec confiance le retour de sa grâce.

1. J.-C. Mon fils, je suis le Seigneur; c'est moi qui fortifie au jour de la tribulation[328].

[ [328] Nah., I, 7.