CHAPITRE XXXVI.
Contre les vains jugements des hommes.

1. J.-C. Mon fils, ne cherchez qu'en Dieu le repos de votre cœur, et ne craignez point les jugements des hommes, quand votre conscience vous rend témoignage de votre innocence et de votre piété.

Il est bon, il est heureux de souffrir ainsi; et ce ne sera point une chose pénible pour le cœur humble qui se confie en Dieu plus qu'en lui-même.

On parle tant, qu'on doit ajouter peu de foi à ce qui se dit.

Comment, d'ailleurs, contenter tout le monde? cela ne se peut.

Bien que Paul s'efforçât de plaire à tous dans le Seigneur, et qu'il se fît tout à tous[377], il ne laissait pas d'être fort indifférent aux jugements des hommes[378].

[ [377] I. Cor., IX. 22.

[ [378] Ibid., IV, 3.

2. Il a fait tout ce qui était en lui pour l'édification et le salut des autres; mais il n'a pas pu empêcher qu'ils ne l'aient quelquefois condamné ou méprisé.

C'est pourquoi il a remis tout à Dieu, qui connaît tout; et il n'a opposé que l'humilité et la patience aux reproches injustes, aux faux soupçons et aux mensonges de ceux qui se livraient, dans leurs discours, à tout ce que leur suggérait la passion.