Si vous saviez mourir demain, que vous importeraient les choses de la terre, ce qui se fait, ce qui se dit autour de vous? Eh bien! vous mourrez demain; car la vie est à peine d'un jour. Soyez donc dès ce moment tel que vous voudrez avoir été, quand l'éternité s'ouvrira devant vous. Ni la science, ni la richesse, ni rien de ce qui est du monde ne vous servira au jugement de Dieu: vous n'y porterez que vos œuvres. Il y avait un homme riche dont les terres avaient produit une moisson extraordinaire; et il pensait en lui-même, disant: Que ferai-je? car je n'ai point de lieu où recueillir tous ces fruits. Et il dit: Voici ce que je ferai: j'abattrai mes greniers, et j'en bâtirai de plus grands, et j'y amasserai toute ma récolte, et tous mes biens; et je dirai à mon âme: Mon âme, tu as beaucoup de biens en réserve pour plusieurs années: repose-toi, mange, bois, fais bonne chère. Mais Dieu lui dit: Insensé, cette nuit même on te redemandera ton âme; et pour qui sera ce que tu as amassé? Ainsi en est-il de celui qui thésaurise pour lui-même, et qui n'est pas riche devant Dieu[422].

[ [422] Luc., XII, 16–21.

CHAPITRE XLV.
Qu'il ne faut pas croire tout le monde, et qu'il est difficile de garder une sage mesure dans ses paroles.

1. Le F. Secourez-moi, Seigneur, dans la tribulation: car le salut ne vient pas de l'homme[423].

[ [423] Ps. LIX, 11.

Combien de fois ai-je en vain cherché la fidélité où je croyais la trouver? combien de fois l'ai-je trouvée où je l'attendais le moins?

Vanité donc d'espérer dans les hommes; mais vous êtes, mon Dieu, le salut des justes.

Soyez béni, Seigneur, en tout ce qui nous arrive.

2. Nous sommes faibles et changeants; un rien nous séduit et nous ébranle.

Quel est l'homme si vigilant et si réservé qu'il ne tombe jamais dans aucune surprise, ni dans aucune perplexité?