J'ai été délaissé, pauvre, exilé, en une terre ennemie, où il y a guerre continuelle et de grandes infortunes.
4. Consolez mon exil, adoucissez l'angoisse de mon cœur: car il soupire après vous de toute l'ardeur de ses désirs.
Tout ce que le monde m'offre ici-bas pour me consoler, me pèse.
Je voudrais m'unir intimement à vous, et je ne puis atteindre à cette ineffable union.
Je voudrais m'attacher aux choses du ciel, et mes passions immortifiées me replongent dans celles de la terre.
Mon âme aspire à s'élever au-dessus de tout, et la chair me rabaisse au-dessous, malgré mes efforts.
Ainsi, homme misérable, j'ai sans cesse la guerre au dedans de moi, et je me suis à charge à moi-même[451], l'esprit voulant s'élever toujours, et la chair toujours descendre.
[ [451] Job, VII, 10.
5. Oh! combien je souffre en moi lorsque, méditant les choses du ciel, celles de la terre viennent en foule se présenter à ma pensée durant la prière! Mon Dieu, ne vous éloignez pas de moi, et n'abandonnez point votre serviteur dans votre colère[452].
[ [452] Ps. LXX, 13; XXVI, 14.