CHAPITRE LII.
Que l'homme ne doit pas se juger digne des consolations de Dieu, mais plutôt de châtiment.
1. Le F. Seigneur, je ne mérite point que vous me consoliez et que vous me visitiez: ainsi vous en usez avec moi justement, lorsque vous me laissez pauvre et désolé.
Quand je répandrais des larmes aussi abondantes que les eaux de la mer, je ne serais pas encore digne de vos consolations.
Rien ne m'est dû que la verge et le châtiment: car je vous ai souvent et grièvement offensé, et mes péchés sont sans nombre.
Après donc un strict examen, je me reconnais indigne de la moindre consolation.
Mais vous, ô Dieu tendre et clément, qui ne voulez pas que vos ouvrages périssent, pour faire éclater les richesses de votre bonté en des vases de miséricorde[485], vous daignez consoler votre serviteur au delà de ce qu'il mérite, et d'une manière toute divine.
[ [485] Rom., IX, 23.
Car vos consolations ne sont point comme les vaines paroles des hommes.
2. Qu'ai-je fait, Seigneur, pour que vous me donniez quelque part aux consolations du ciel?
Je n'ai point de souvenir d'avoir fait aucun bien; toujours, au contraire, je fus enclin au vice, et lent à me corriger.