Que votre grâce, Seigneur, me prévienne donc et m'accompagne toujours; qu'elle me rende sans cesse attentif à la pratique des bonnes œuvres: je vous en conjure par Jésus-Christ, votre Fils. Ainsi soit-il[515].
[ [515] Orais. du 16e Dim. apr. la Pent.
RÉFLEXION.
La religion fait deux choses: elle nous montre notre misère et nous en indique le remède; elle nous enseigne que, de nous-mêmes, nous ne pouvons rien pour le salut, mais que nous pouvons tout en celui qui nous fortifie[516]. Et de là ce mot de saint Paul, mot aussi profond de vérité qu'étonnant pour l'orgueil humain: Je me glorifierai dans mes infirmités, afin que la vertu de Jésus-Christ habite en moi[517]. Oui, continue-t-il, je me complais dans mes infirmités: car lorsque je me sens infirme, c'est alors que je suis fort[518]. Entrons dans la pensée de l'Apôtre, et apprenons à nous humilier, à sentir notre faiblesse, à jouir, pour ainsi parler, de notre néant. Lorsque nous aurons rejeté toute vaine opinion de nous-mêmes, et creusé, en quelque sorte, un lit profond dans notre âme, des flots de grâce s'y précipiteront. La paix nous sera donnée sur la terre: car qui peut troubler la paix de celui qui, s'oubliant et se méprisant soi-même, ne s'appuie que sur Dieu et ne tient plus qu'à Dieu? Paix aux hommes de bonne volonté[519], aux humbles de cœur, paix ici-bas: et dans le Ciel le rassasiement de la gloire[520].
[ [516] Philipp., IV, 13.
[ [517] Cor., XII, 9.
[ [518] Ibid., 10.
[ [519] Luc., II, 14.
[ [520] Ps. XVI, 15.