RÉFLEXION.
Ce n'est pas assez d'être patient avec les autres, il faut l'être encore avec soi-même. Ce je ne sais quoi d'aigre et de violent que nous ressentons en nous après avoir commis quelque faute, vient plutôt de l'orgueil humilié, que d'un repentir selon Dieu. L'homme humble qui connaît sa faiblesse, ne s'étonne point de tomber; il gémit de sa chute, en implore le pardon, et se relève tranquille, pour combattre avec un courage nouveau. Faillir est un mal sans doute, mais se troubler n'est qu'un mal de plus. Le trouble a sa source ou dans une sorte de dépit superbe de se trouver si infirme, ou dans le défaut de confiance en celui qui guérit notre infirmité[537]. Veillez et priez, afin que vous n'entriez point en tentation[538]; et si, la tentation survenant, il arrive que vous succombiez, veillez et priez davantage encore: mais ne perdez jamais la paix, car notre Dieu est le Dieu de la paix[539], et c'est dans la paix qu'il nous appelle[540]. Que la grâce, la miséricorde et la paix de Dieu le Père et de notre Seigneur Jésus-Christ[541], soient donc avec nous toujours et qu'elles nous conduisent, à travers les épreuves du temps, aux joies de l'éternité.
[ [537] Ps. CII, 3.
[ [538] Matth., XXVI, 41.
[ [539] I. Cor., XIV, 33.
[ [540] Ibid., VII, 15.
[ [541] I. Tim., I, 2.
CHAPITRE LVIII.
Qu'il ne faut pas chercher à pénétrer ce qui est au-dessus de nous, ni sonder les secrets jugements de Dieu.
1. J.-C. Mon fils, gardez-vous de disputer sur des sujets trop hauts, et sur les jugements cachés de Dieu: pourquoi l'un est abandonné, tandis qu'un autre reçoit des grâces si abondantes; pourquoi celui-ci n'a que des afflictions, et celui-là est comblé d'honneurs.
Tout cela est au-dessus de l'esprit de l'homme, et nulle raison ne peut, quels que soient ses efforts, pénétrer les jugements divins.