Lorsqu'avec une volonté droite, l'homme est troublé, tenté, affligé de mauvaises pensées, il reconnaît alors combien Dieu lui est nécessaire, et qu'il n'est capable d'aucun bien sans lui.
Alors il s'attriste, il gémit, il prie, à cause des maux qu'il souffre.
Alors il s'ennuie de vivre plus longtemps, et il souhaite que la mort arrive, afin que, délivré de ses liens, il soit avec Jésus-Christ.
Alors aussi il comprend bien qu'une sécurité parfaite, une pleine paix, ne sont point de ce monde.
RÉFLEXION.
C'est dans l'adversité que chacun de nous apprend à connaître ce qu'il est réellement. Celui qui n'a pas été éprouvé, que sait-il[43]? L'homme à qui tout prospère est exposé à un grand danger; il est bien à craindre que son âme s'assoupisse d'un sommeil pesant, et qu'à l'heure du réveil on ne lui dise: Souvenez-vous que vous avez reçu vos biens sur la terre[44]. Ici-bas les souffrances sont une grâce de prédilection; elles nous exercent à la vertu, elles nous fournissent de nouvelles occasions de mérite, et nous rendent conformes au Fils de Dieu, dont il est écrit: Il a fallu que le Christ souffrît, et qu'il entrât ainsi dans sa gloire[45].
[ [43] Eccl., XXXIV, 9.
[ [44] Luc., XVI, 25.
[ [45] Act., XVII, 3.