3. Car les penchants de l'homme l'inclinent au mal dès l'enfance[611]; et s'il n'est soutenu par ce remède divin, il s'y enfonce de plus en plus.

[ [611] Gen., VIII, 21.

La sainte Communion retire du mal, et fortifie dans le bien.

Si donc je suis maintenant si souvent négligent et tiède, quand je communie ou que je célèbre le saint Sacrifice, que serait-ce si je renonçais à cet aliment salutaire, et si je me privais de ce secours puissant?

Ainsi, quoique je ne sois pas tous les jours assez bien disposé pour célébrer les divins mystères, j'aurai soin cependant d'en approcher aux temps convenables, et de participer à une grâce si grande.

Car c'est la principale consolation de l'âme fidèle, tandis qu'elle voyage loin de vous dans un corps mortel[612], de se souvenir souvent de son Dieu, et de recevoir son bien-aimé dans un cœur embrasé d'amour.

[ [612] I. Cor., V, 6.

4. Ô prodige de votre tendresse pour nous! Vous, Seigneur mon Dieu, qui donnez l'être et la vie à tous les esprits, vous daignez venir à une pauvre âme misérable, et avec votre divinité et votre humanité tout entière, rassasier sa faim!

Ô heureuse, mille fois heureuse l'âme qui peut vous recevoir dignement, vous son Seigneur et son Dieu, et goûter avec plénitude la joie de votre présence!

Ô qu'il est grand le Seigneur qu'elle reçoit! qu'il est aimable l'hôte qu'elle possède! que le compagnon, l'ami qui se donne à elle, est doux et fidèle! que l'époux qu'elle embrasse est beau! qu'il est noble et digne d'être aimé par-dessus tout ce qu'on peut aimer, et tout ce qu'il y a de désirable!