[ [696] Bossuet.

CHAPITRE XIV.
Du désir ardent que quelques âmes saintes ont de recevoir le Corps de Jésus-Christ.

VOIX DU DISCIPLE.

1. Combien est grande, ô mon Dieu, l'abondance de douceur que vous avez réservée à ceux qui vous craignent[697]!

[ [697] Ps. XXX, 23.

Quand je viens à considérer avec quel désir et quel amour quelques âmes fidèles s'approchent, Seigneur, de votre sacrement, alors je me confonds souvent en moi-même, et je rougis de me présenter à votre autel et à la table sacrée de la Communion, avec tant de froideur et de sécheresse; d'y porter un cœur si aride, si tiède, et de ne point ressentir cet attrait puissant, cette ardeur qu'éprouvent quelques-uns de vos serviteurs, qui, en se disposant à vous recevoir, ne sauraient retenir leurs larmes, tant le désir qui les presse est grand, et leur émotion profonde.

Ils ont soif de vous, ô mon Dieu, qui êtes la source d'eau vive; et leur cœur et leur bouche s'ouvrent également pour s'y désaltérer. Rien ne peut rassasier ni tempérer leur faim que votre sacré Corps, qu'ils reçoivent avec une sainte avidité et les transports d'une joie ineffable.

2. Oh! que cette ardente foi est une preuve sensible de votre présence dans le sacrement!

Car ils reconnaissent véritablement le Seigneur dans la fraction du pain, ceux dont le cœur est tout brûlant, lorsque Jésus est avec eux[698].

[ [698] Luc., XXIV, 49.