4. Seigneur mon Dieu, recevez mes vœux, et le désir qui m'anime de vous louer, de vous bénir, avec l'amour immense, infini, dû à votre ineffable grandeur.

Voilà ce que je vous offre, et ce que je voudrais vous offrir chaque jour et à chaque moment; et je prie et je conjure, de tout mon cœur, tous les esprits célestes et tous vos fidèles serviteurs, de s'unir à moi pour vous louer, et vous rendre de dignes actions de grâces.

5. Que tous les peuples, toutes les tribus, toutes les langues vous bénissent, et célèbrent, dans des transports de joie et d'amour, la douceur et la sainteté de votre nom.

Que tous ceux qui offrent, avec révérence et avec piété, les divins mystères, et qui les reçoivent avec une pleine foi, trouvent devant vous grâce et miséricorde, et qu'ils prient avec instance pour moi, pauvre pécheur.

Et lorsque après s'être unis à vous, selon leurs pieux désirs, ils se retireront de la Table sainte, rassasiés et consolés merveilleusement, qu'ils daignent se souvenir de moi, qui languis dans l'indigence.

RÉFLEXION.

«Que cet adorable Sacrement opère en moi, ô mon Sauveur! la rémission de mes péchés; que ce sang divin me purifie; qu'il lave toutes les taches qui ont souillé cette robe nuptiale dont vous m'aviez revêtu dans le baptême, afin que je puisse m'asseoir avec assurance au banquet des noces de votre Fils. Je suis, je l'avoue, une âme pécheresse, une épouse infidèle, qui ai manqué une infinité de fois à la foi donnée: Mais revenez, me dites-vous, ô Seigneur! revenez, je vous recevrai[719]: pourvu que vous ayez repris votre première robe, et que vous portiez, dans l'anneau que l'on vous met au doigt, la marque de l'union où le Verbe divin entre avec vous. Rendez-moi cet anneau mystique: revêtez-moi de nouveau, ô mon Père, comme un enfant prodigue qui retourne à vous, de cette robe de l'innocence et de la sainteté que je dois apporter à votre Table. C'est l'immortelle parure que vous nous demandez, vous qui êtes en même temps l'époux, le convive et la victime immolée qu'on nous donne à manger. C'est à cette Table mystérieuse que l'on trouve l'accomplissement de cette parole: Qui me mange vivra pour moi[720]. Qu'elle s'accomplisse en moi, ô mon Sauveur! que j'en sente l'effet: transformez-moi en vous, et que ce soit vous-même qui viviez en moi. Mais, pour cela, que je m'approche de ce céleste repos avec les habits les plus magnifiques; que j'y vienne avec toutes les vertus; que j'y coure avec une joie digne d'un tel festin et de la viande immortelle que vous m'y donnez[721]

[ [719] Jer., III, 1.

[ [720] Joann., VI, 58.

[ [721] Bossuet.