Si tous étaient parfaits, qu'aurions-nous de leur part à souffrir pour Dieu?
4. Or Dieu l'a ainsi ordonné, afin que nous apprenions à porter le fardeau les uns des autres: car chacun a son fardeau: personne n'est sans défauts, nul ne se suffit à soi-même, nul n'est assez sage pour se conduire seul; mais il faut nous supporter, nous consoler, nous aider, nous instruire, nous avertir mutuellement.
C'est dans l'adversité qu'on voit le mieux ce que chacun a de vertus.
Car les occasions ne rendent pas l'homme fragile; mais elles montrent ce qu'il est.
RÉFLEXION.
Vous ne sauriez, dites-vous, supporter tels et tels défauts; puissant motif de vous humilier! Car Dieu, qui est la perfection même, les supporte, et de beaucoup plus grands. Ce qui vous rend si susceptible, ce n'est pas le zèle du prochain, mais un amour-propre difficile, irritable, ombrageux. Tournez vos regards sur vous-même, et voyez si vos frères n'ont rien à souffrir de vous? La vraie piété est douce et patiente, parce qu'elle éclaire sur ce que l'on est. Celui qui se sent faible, et qui en gémit, ne se choque pas aisément des faiblesses des autres; il sait que nous avons tous besoin de support, d'indulgence et de miséricorde; il excuse, il compatit, il pardonne, et conserve ainsi la paix au dedans de soi et au dehors la charité.
CHAPITRE XVII.
De la vie religieuse.
1. Il faut que vous appreniez à vous briser en beaucoup de choses, si vous voulez conserver la paix et la concorde avec les autres.
Ce n'est pas peu de chose de vivre dans un monastère ou dans une congrégation, de n'y être jamais une occasion de plainte, et d'y persévérer fidèlement jusqu'à la mort.
Heureux celui qui, après une vie sainte, y a heureusement consommé sa course!