Ils renonçaient aux richesses, aux dignités, aux honneurs, à leurs amis, à leurs parents: ils ne voulaient rien du monde; ils prenaient à peine ce qui était nécessaire pour la vie; s'occuper du corps, même dans la nécessité, leur était une affliction.
Ils étaient pauvres des choses de la terre: mais ils étaient riches en grâces et en vertus.
Au dehors tout leur manquait; mais Dieu les fortifiait au dedans par sa grâce et par ses consolations.
4. Ils étaient étrangers au monde, mais unis à Dieu, et ses amis familiers.
Ils se regardaient comme un pur néant, et le monde les méprisait; mais ils étaient chéris de Dieu, et précieux devant lui.
Ils vivaient dans une sincère humilité, dans une obéissance simple, dans la charité, dans la patience, et devenaient ainsi chaque jour plus parfaits et plus agréables à Dieu.
Ils ont été donnés en exemple à tous ceux qui professent la vraie religion, et ils doivent nous exciter plus à avancer dans la perfection, que la multitude des tièdes ne nous porte au relâchement.
5. Oh! quelle ferveur en tous les religieux au commencement de leur sainte institution! quelle ardeur pour la prière! quelle émulation de vertu! quelle sévère discipline! que de soumission, que de respect ils montraient tous pour la règle de leur fondateur!
Ce qui nous reste d'eux atteste encore la sainteté et la perfection de ces hommes qui, en combattant généreusement, foulèrent aux pieds le monde.
Aujourd'hui on compte pour beaucoup qu'un religieux ne viole point sa règle, et qu'il porte patiemment le joug dont il s'est chargé.