2. La fermeté de notre résolution est la mesure de notre progrès; et une grande diligence est nécessaire à celui qui veut avancer. Si celui qui forme les résolutions les plus fortes se relâche souvent, que sera-ce de celui qui n'en prend que rarement, ou n'en prend que de faibles?
Toutefois nous abandonnons nos résolutions de diverses manières, et la moindre omission dans nos exercices a presque toujours quelque suite fâcheuse.
Les justes, dans leurs résolutions, comptent bien plus sur la grâce de Dieu que sur leur propre sagesse; et quelque chose qu'ils entreprennent, c'est en lui seul qu'ils mettent leur confiance.
Car l'homme propose, mais Dieu dispose[60], et la voie de l'homme n'est pas en lui[61].
[ [60] Prov., XVI, 9.
[ [61] Jér., X, 23.
3. Si nous omettons quelquefois nos exercices ordinaires, par quelque motif pieux, ou pour l'utilité de nos frères, il nous sera facile ensuite de réparer cette omission.
Mais si nous les abandonnons sans sujet, par ennui ou par négligence, c'est une faute grave, et qui nous sera funeste.
Faisons tous nos efforts, et nous tomberons encore aisément en beaucoup de fautes.
On doit cependant toujours se proposer quelque chose de fixe, surtout à l'égard de ce qui forme le plus grand obstacle à notre avancement.