9. Vivez sur la terre comme un voyageur et un étranger à qui les choses du monde ne sont rien.

Conservez voire cœur libre et toujours élevé vers Dieu, parce que vous n'avez point ici-bas de demeure permanente[85].

[ [85] Heb., XIII, 14.

Que vos gémissements, vos larmes, vos prières, montent tous les jours vers le ciel, afin que votre âme, après la mort, mérite de passer heureusement à Dieu.

RÉFLEXION.

Approchez de cette fosse, regardez ces ossements blanchis et déjoints: voilà tout ce qui reste ici-bas d'un homme que vous avez connu peut-être, et qui ne pensait pas plus à la mort, il y a peu d'années, que vous n'y pensez aujourd'hui. Ne fallait-il pas, en effet, qu'il songeât d'abord à sa fortune, à celle des siens, à l'établissement de sa famille? aussi s'en est-il occupé jusqu'au dernier moment. Eh bien! maintenant allez, entrez dans sa maison. Des héritiers indifférents y jouissent des biens qu'il avait amassés, et travaillent eux-mêmes à en amasser de nouveaux: du reste nul souvenir du mort. Quelque chose de lui subsiste cependant, et la tombe ne le renferme pas tout entier. Il avait une âme, une âme rachetée du sang de Jésus-Christ: où est-elle? à l'instant où elle quitta le corps, sa demeure fut fixée, ou dans le ciel sans crainte désormais, ou dans l'enfer sans espérance. Terrible, terrible alternative! Et à présent, plongez-vous dans les soins de la terre, différez votre conversion: dites encore, il sera temps demain. Insensé! ce temps, dont tu abuses, creuse ta fosse, et demain ce sera l'éternité!

CHAPITRE XXIV.
Du jugement et des peines des pécheurs.

1. En toutes choses regardez la fin, et reportez-vous au jour où vous serez là, debout devant le Juge sévère, à qui rien n'est caché, qu'on n'apaise point par des présents, qui ne reçoit point d'excuses; mais qui jugera selon la justice.

Pécheur misérable et insensé! que répondrez-vous à Dieu qui sait tous vos crimes, vous qui tremblez quelquefois à l'aspect d'un homme irrité?

Par quel étrange oubli de vous-même vous en allez-vous, sans rien prévoir, vers ce jour où nul ne pourra être excusé ni défendu par un autre, mais où chacun sera pour soi un fardeau assez pesant?