RÉFLEXION.
Entraînés par le charme de sentir, ainsi que parle Bossuet, nous cherchons notre bien dans les créatures qui nous échappent et s'évanouissent comme des ombres. Nous voulons aimer et être aimés; et nous nous éloignons de la source du véritable amour, de l'amour infini. Comprenons enfin combien il est insensé d'attacher notre cœur à ce qui passe, et combien sont vaines ces amitiés de la terre, qui s'en vont avec les années et les intérêts. Aimons Jésus sans partage; aimons-le comme il nous aime et comme il veut être aimé. La mesure de notre amour pour lui, dit saint Bernard, est de l'aimer sans mesure. Malheur à qui lui préfère quelque chose! ses désirs sont sur la route du néant.
CHAPITRE VIII.
De la familiarité que l'amour établit entre Jésus et l'âme fidèle.
1. Quand Jésus est présent, tout est doux et rien ne semble difficile; mais quand Jésus se retire, tout fatigue.
Quand Jésus ne parle pas au dedans, nulle consolation n'a de prix; mais si Jésus dit une seule parole, on est merveilleusement consolé.
Marie Madeleine ne se leva-t-elle pas aussitôt du lieu où elle pleurait, lorsque Marthe lui dit: Le Maître est là, et il vous appelle[116].
[ [116] Joann., XI, 28.
Heureux moment, où Jésus appelle des larmes à la joie de l'esprit!
Combien, sans Jésus, n'êtes-vous pas aride et insensible!
Et quelle vanité, quelle folie, si vous désirez autre chose que Jésus-Christ? Ne serait-ce pas une plus grande perte que si vous aviez perdu le monde entier?