1. Il n'est pas difficile de mépriser les consolations humaines, quand on jouit des consolations divines.
Mais il est grand et très-grand de consentir à être privé tout à la fois des consolations des hommes et de celles de Dieu, de supporter volontairement pour sa gloire cet exil du cœur, de ne se rechercher en rien, et de ne faire aucun retour sur ses propres mérites.
Qu'y a-t-il d'étonnant, si vous êtes rempli d'allégresse et de ferveur lorsque la grâce descend en vous? C'est pour tous l'heure désirable.
Il avance aisément et avec joie, celui que la grâce soulève.
Comment sentirait-il son fardeau, quand il est porté par le Tout-Puissant, et conduit par le guide suprême?
2. Toujours nous cherchons quelque soulagement, et difficilement l'homme se dépouille de lui-même.
Fidèle à son évêque, le saint martyr Laurent vainquit le siècle, parce qu'il méprisa tout ce que le monde offre de séduisant, et qu'il souffrit en paix, pour l'amour de Jésus-Christ, d'être séparé du souverain prêtre de Dieu, de Sixte, qu'il aimait avec une vive tendresse.
Par l'amour du Créateur, surmontant l'amour de l'homme, aux consolations humaines il préféra le bon plaisir divin.
Et vous aussi, apprenez donc à quitter, pour l'amour de Dieu, l'ami le plus cher et le plus intime.
Et ne murmurez point, s'il arrive que votre ami vous abandonne, sachant qu'après tout il faut bien un jour se séparer tous.