23 octobre 1737.

La présente est pour avoir l'honneur de vous dire qu'il est arrivé ici avant-hier un envoyé du seigneur Théodore, lequel a fait le voyage avec lui jusqu'à l'île de Corse, où ils sont arrivés le 29 du mois passé. Ce député n'y a demeuré qu'un jour et est venu en poste, puisqu'il n'a été que vingt-et-un jours en chemin. L'ayant questionné sur plusieurs circonstances, j'ai remarqué, au travers de la réserve qui lui est sans doute recommandée, qu'il est chargé de plusieurs commissions pour M. Dedieu, ainsi que pour quelques-unes de nos principales bourses, où je l'ai trouvé en conférence. Il doit, s'il le peut, faire recrue de garçons boulangers et autres gens de métier. Les retours en denrées ne doivent pas s'attendre sitôt, n'y ayant aucun navire dans ce port, mais que ce serait dès qu'on en pourrait trouver. Le seigneur Théodore n'a écrit aucune lettre par la difficulté de passer avec, à cause du rigoureux examen qu'il faut subir. Il paraît que les secours de la France n'inquiètent nullement ce chef de parti et qu'il attend son événement de pied ferme, suivant le rapport qui m'en a été fait.

Archives du Ministère des affaires étrangères: Correspondance de Hollande, vol. 424.

VIII.
DÉPÊCHE DE FÉNELON A AMELOT.

La Haye, 29 octobre 1737.

Je joins ici la copie d'une lettre qui a été écrite d'Amsterdam et qui m'a été confiée. Ce qui est dit de M. Dedieu, qui a été fourni par la ville d'Amsterdam pour premier commissaire aux conférences d'Anvers, et pour qui l'agent arrivé de Corse avait une commission, et bien d'autres particularités qui se peuvent joindre ont assurément de quoi donner de forts indices que l'Angleterre s'est intéressée pour procurer les facilités que le baron de Neuhoff a trouvées, non seulement pour se tirer des mains de ses créanciers qui l'avaient fait arrêter à Amsterdam, mais encore pour s'y pourvoir de tout ce qu'il en a tiré en munitions, armes, etc., et qui ont suivi ou devancé son retour en Corse. L'Angleterre n'aura pas pris cet intérêt sans vue. (En chiffres): Celle de prendre le contre-pied de nous dans une affaire qu'elle croirait propre à nous mettre moins bien avec l'Espagne serait remarquable.

Archives du Ministère des affaires étrangères: Correspondance de Hollande, vol. 424.

IX.
LES ÉTATS-GÉNÉRAUX DE HOLLANDE A LA RÉPUBLIQUE DE GÊNES.

La Haye, 23 novembre 1737.