Archives du Ministère des affaires étrangères: Correspondance de Hollande, vol. 427.

XV.
DÉPÊCHE DE PUISIEUX A AMELOT.

Naples, 11 novembre 1738.

........ Cet aventurier [Théodore] fréta au mois d'avril dernier trois vaisseaux à Amsterdam. Divers négociants de cette ville abusés par ses promesses firent une société entre eux pour lui fournir des munitions de guerre. Il s'engagea, de son côté, à payer à Malaga et à Alicante (où l'on convint qu'il relâcherait avant d'aller en Corse) la valeur desdites munitions. Les négociants, pour sûreté du traité, firent choix d'un capitaine sûr et expérimenté, auquel ils confièrent le commandement des trois navires. Le capitaine, en conséquence de ses instructions, relâcha dans sa route à Malaga, puis à Alicante. Le baron de Neuhoff n'ayant pu remplir dans aucun de ces deux ports les engagements portés dans sa convention, tâcha de persuader au capitaine de continuer son voyage, l'assurant qu'il ne serait pas plus tôt abordé en Corse que ces insulaires lui enverraient de terre des denrées, en retour des marchandises qu'il y débarquerait. Le capitaine, sur cette espérance, continua sa route. Arrivé en Corse, il débarqua quelques munitions, mais ne voyant rien venir en retour, et s'apercevant, d'ailleurs, que les rebelles montraient peu d'empressement pour leur nouveau souverain, il fit cesser le débarquement et ayant tenu conseil avec son équipage sur le parti qu'il avait à prendre, il se détermina enfin, trompé une seconde fois par les promesses de cet aventurier, à faire voile vers ce port avec ses trois navires, où il a été arrêté cinq jours après son arrivée et mis en prison à la réquisition du consul de Hollande, qui ne veut pas l'en laisser sortir qu'il n'ait consenti de retourner en Corse. (En chiffres). Instruit de tout ceci par quelques matelots hollandais, j'avais fait dire adroitement à ce capitaine que je lui conseillais de signer tout ce que l'on exigerait de lui dans la prison, et que lorsqu'il serait à la mer, il pourrait prendre, s'il le voulait, la route de quelqu'un de nos ports, conseil qu'il aurait peut-être été à portée d'exécuter si M. l'envoyé de Gênes, qui n'a pas encore toute la prudence d'un ministre consommé, n'avait tenu indiscrètement quelques discours, qui ont mis le consul de Hollande et Théodore en méfiance contre le capitaine.

Archives du Ministère des affaires étrangères: Correspondance de Naples, vol. 36.

XVI.
NOTE SUR LES CORRESPONDANTS DE THÉODORE.

Janvier 1740.

Direction des lettres que Théodore écrit à Rome, savoir:

Il se sert quelquefois de l'adresse de Mme Marie-Constance Cavalieri, religieuse au couvent des Saints-Dominique et Sixte.

Souvent, il les adresse au comte Fedi, à la Porte du Peuple; quelquefois au comte Orsini; rarement au docteur Gaffori, qui demeure à San Gio. Fiorentini. Il s'est servi, en dernier lieu du banquier Quarantolo, associé du marquis Noués.