Dans la bordure du bas, on remarque quatre meubles très spéciaux, sortes de carquois de grande dimension, [p. 116] véritables magasins de flèches, que, selon toute vraisemblance, on amenait dans la bataille, là où le besoin s'en faisait particulièrement sentir, afin de permettre aux archers de renouveler leurs provisions, qui s'épuisaient forcément très vite. Ce détail archéologique ne semble pas avoir été remarqué malgré sa réelle importance.

[p. 117]

PL. VIII, n° 66.

Le roi Harold est tué.

Malgré la douleur que lui causait sa blessure, Harold continua la lutte avec l'énergie du désespoir, cherchant encore à vaincre, ou au moins à retarder la défaite, lorsqu'un chevalier lui donna le coup mortel. Il a donc succombé en vaillant chevalier, défendant sa patrie aussi longtemps que ses forces épuisées lui ont permis de tenir une arme, méritant l'estime de ses adversaires et tous les honneurs que les vainqueurs doivent au courage malheureux. Pourtant un homme s'acharna sur son cadavre, lui coupa la jambe et la rejeta au loin. L'histoire ajoute que Guillaume, indigné, chassa de son armée, comme félon, l'auteur de cette lâcheté [100].

Dans la bordure, nous voyons les horreurs de la guerre, les pillards rapaces qui, pour s'enrichir aux dépens des nobles victimes du combat, les dépouillent de leurs armes et de tout ce qu'elles peuvent avoir de précieux.

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PL. VIII, n° 67.