VIII
L’ABSOLUTION

Il tint son serment; mais, le neuvième jour ou plutôt la neuvième nuit, il galopa tellement sur son grand cheval qu’à minuit on le trouva ivre, endormi au milieu de la rue du Faubourg-du-Temple; il n’avait pu regagner son domicile. Un acteur sortant de son théâtre le trouva là gisant. Il en eut pitié et le releva pour le mettre au coin d’une borne, de peur qu’il ne fût écrasé par les voitures. Le général, se sentant remuer, se réveilla tout à coup. «Que me veut-on? dit-il.

—On ne vous veut rien, mais vous pouvez être écrasé là où vous êtes.

—Tiens, c’est vrai! vous êtes un bon diable, vous. Nous allons prendre une goutte ensemble.

—Non, je n’ai pas soif; rentrez chez vous.

—Je tiens à vous remercier; vous boirez ce que vous voudrez.

—Je ne veux rien.