—Vous ne voulez rien? vous faites le fier!»

L’artiste s’éloignait à ces mots.

«Ah! vous me refusez! eh bien, je veux vous donner des remords; je me recouche là, on m’écrasera, et ce sera votre faute.»

Et il se recoucha; l’artiste revint le relever, et il fallut passer par où il voulait, c’est-à-dire entrer chez le marchand de vin avec lui, car il s’était déjà rendormi.

Voilà le général au moral et au physique. Quant à ses antécédents, personne ne les connaît; personne ne sait d’où il vient ni ce qu’il a fait jadis. Il n’est pas chiffonnier de naissance, il parle français avec pureté, il est poli, bien élevé; on voit que cet homme a dû avoir été autre chose que ce qu’il est. Quant aux mille histoires qu’on lui a fabriquées, nous n’en croyons pas un mot.

IX
PROBITÉ DES CHIFFONNIERS

Nous avons fini notre dernier article en parlant des secours que les chiffonniers se donnaient entre eux, en citant quelques traits de probité et d’orgueil de cette classe; mais nous ne nous sommes peut-être pas assez étendu sur l’article probité, car devant les tribunaux on ne rencontre jamais de chiffonniers proprement dits: ce sont des recéleurs, des marchands de bric-à-brac qui prennent ce titre, et non de véritables enfants de la chiffe.