Le Détripé, il est ainsi surnommé, a plusieurs cordes à son arc. Dès qu’un crime est commis, il se transporte sur les lieux; il recueille tous les bruits, il raconte les détails, il a soin de dire son nom et son adresse dans les cabarets environnants, il répète cent fois ces détails, il en invente au besoin, on les redit, cela arrive jusqu’aux magistrats instructeurs; on le fait appeler, il raconte ce qu’il a entendu dire; il fait une déposition insignifiante. On le renvoie, mais il a ses quarante sols: c’est toujours ça de gagné. Du reste, il jurerait, au besoin, sur l’Évangile, devant Dieu et les hommes, après avoir vu un chien de chasse étrangler un lapin, que c’est le lapin qui a commencé, qu’il avait tous les torts, et que ce n’est qu’à son mauvais naturel qu’il doit sa triste fin.
Ce maître Jacques n’ose faire concurrence à son maître, car celui-ci maintenant ne mendie plus les assignations: il les achète et les paye plus cher que le caissier du palais. Il ne souffre pas de rivaux; il leur fait une guerre acharnée. Il a fait sa petite pelote, comme il dit; il espère bientôt pouvoir se retirer à la campagne pour y former souche d’honnêtes gens.
Quand nous quittâmes M. Auguste, il nous regarda d’une façon triomphante, et il dit à ses admirateurs: «Je les ai épatés, les bourgeois!»
Il avait raison, en effet: nous étions émerveillés.
VI
CORRESPONDANCE.—LES FÊTES ET FOIRES.—LES JEUX.—LE 90.—LE LAPIN IMMORTEL.—LE PATISSIER AMBULANT.
Un journaliste ne manque jamais de recevoir beaucoup de lettres, affranchies ou non, signées ou anonymes, de compliments ou d’injures, lorsqu’il a entrepris une série d’articles sur un sujet quelconque. En voici deux entre celles qui nous sont parvenues à propos de nos Industries inconnues: