Les rayons glissent entre les arcades du menzeh, et nous enveloppent.
Tout à coup, Kaddour impétueux dérange notre rêve.
—O Sidi! O Lella!... Venez voir ce que j’ai trouvé.
Le son des paroles blesse le silence. Nous ne sommes point disposés à entendre ni à remuer.
—Par Allah! le Clément! le Miséricordieux! il faut que vous descendiez.
Nous le suivons sans enthousiasme. La coupole perforée de sa lanterne projette, aux murs, des ombres géométriques. Il nous entraîne dans le vestibule, se penche, éclaire un petit tas grisâtre... Des chiffons?... un burnous oublié?... O Prophète! c’est un enfant, un minuscule petit garçon, qui dormait sur les mosaïques. Il se retourne en poussant un grognement plaintif et continue son sommeil.
Kaddour le soulève avec précaution. Ce grand diable de sauvage a les gestes délicats d’une mère pour manier le bambin.
—Je l’ai aperçu lorsque j’allais fermer la porte. C’est le Seigneur qui l’envoie! S’il est orphelin, nous l’adopterons, dit-il.
L’enfant se réveille enfin. Il nous fixe de ses grands yeux en velours noir, étonnés et puérils.
—Qui es-tu? Comment t’appelles-tu?