—Saïd ben Allal.

Il a une voix frêle comme un oiseau.

—Où est ton père?

—Il est mort.

—Et ta mère?

—Elle est morte.

Kaddour rayonne et rit de toutes ses dents. Sans doute, Allah prit en pitié notre maison vide. Il nous avait bien envoyé, d’aussi étrange façon, Yasmine, Kenza et Rabha, mais ce ne sont que des filles... Louange à Dieu! Voici un «célibataire» pour réjouir notre existence.

Le «célibataire» paraît avoir trois ans, quatre tout au plus, malgré son air d’enfant triste qui serre le cœur.

Combien il est sale et maigre!

Ses haillons jaunâtres s’effilochent... Il se gratte... on dirait un petit singe cherchant ses poux. Certes Saïd en régente une colonie florissante!