Misérables fillettes du Sous que leur destin conduisit chez des Nazaréens, elles y ont pris l’âme de Marocaines habituées au luxe des villes. Oubliant les gourbis de terre et les tentes en poils de chèvre, elles évoluent sans étonnement dans notre nouvelle et somptueuse demeure.

—Celle de Rabat était mieux, déclarent elles. Par les fenêtres on apercevait toute la ville française!... Ici, on ne voit que les maisons du pays...

—Mais il y a des mosaïques et des stucs ciselés.

—Qu’ai-je à faire de ces choses à nous? riposte Yasmine.

Pourtant, la terrasse les ravit, car elles pourront y bavarder, au crépuscule, avec des voisines.

—O ma mère! sais-tu comment ces femmes portent la tfina?... Étrange est leur coutume!

Non, certes, je n’avais pas remarqué ce détail...

Il y a quelques heures à peine que Yasmine et Kenza sont arrivées, et déjà elles retroussent élégamment leurs tuniques, selon la mode de Meknès!

8 décembre.

Des babillages au-dessus de la ville, lorsque le soleil déclinant magnifie les plus humbles choses...